Semaine 19 - Livre 21

 

LA VIE DEVANT SOI 

273 pages

Prix Goncourt 1975 



RESUME 

Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

Ce que j'en ai pensé:   

Après avoir fait le bilan de mon défi à 20/52 livres, j'ai réalisé que je n'avais lu aucun auteur français. Je suis partie à la recherche d'un roman dans ma Pile à Lire et je suis tombée sur celui-ci. Prix Goncourt en 1975, deuxième pour l'auteur.  Un classique, le genre qu'on lit à l'école.

La vie devant soi, c'est l'histoire de Momo, un jeune arabe de 10 ans ( 14 en réalité, mais il ne le sait pas encore), élevé par Madame Rosa spécialisée dans l'adoption - si on peut dire-  des enfants de prostitués. Madame Rosa, elle-même une ex "gagneuse qui se défendait avec son cul", est une vieille juive, ancienne déportée, malade, grosse et laide, qui commence à perdre la tête.

Il y a plusieurs thèmes dans ce roman.

D'abord, il y a les rapports entre générations, la vieillesse et la maladie. Le temps qui passe et la mort qui arrive. Quelle considération pour les "vieux", quel rôle ont-ils dans la société, quelle fin de vie et dans quelles conditions.

Ensuite, il y a les rapports entre cultures et religions. Il y a dans ce roman un brassage de culture et un regard lucide sur la société.

Enfin, c'est un roman sur le besoin d'appartenance, à une famille, à une culture, une religion. Comme le besoin de se raccrocher à quelque chose. N'importe quoi.

La vie devant soi est un roman atypique (en tout cas pour moi), avec une magnifique écriture. Momo, le jeune narrateur, est plein de réflexions et de commentaires très percutants. Il a une idée bien précise de ce qu'est la vie et c'est drôle à entendre, de la bouche d'un enfant de 10 ans (14, comme il l'apprendra plus tard). 

C'est à lire, indiscutablement. Je conseille, à lire et découvrir. 

Malgré toutes les belles qualités du roman, ce n'est pas un coup de cœur pour moi. Il ne se passe pas grand chose et je me suis ennuyée. J'ai vraiment l'habitude des romans d'aventures et/ou historiques et/ou saga avec pleins de rebondissements. Ce 'est juste pas mon genre. Et malgré la bonne humeur du roman, ces sujets de sociétés sont trop plombant pour moi.

Voici quelques extraits du roman qui représentent assez bien la philosophie de Momo: 

"C'est là que je viens me cacher quand j'ai peur.

 

Peur de quoi, Madame Rosa?

 

C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo.

 

Ca, j'ai jamais oublié, parce que c'est la chose la plus vraie que j'ai jamais entendue."

"Moi, l'héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque.[...] Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c'est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre."

"J'ai léché ma glace. Je n'avais pas le moral et les bonnes choses sont encore mieux quand on a pas le moral. J'ai souvent remarqué ça. Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d'habitude."

"Je ne comprendrai jamais pourquoi l'avortement c'et autorisé pour les jeunes et pas pour les vieux. Moi je trouve que le type en Amérique qui abattu le record du monde comme légume (allusion à quelqu'un qui est resté 17 ans dans un état végétatif) c'est encore pire que Jésus parce qu'il est resté sur sa croix 17 ans et des poussières. Moi je trouve qu'il n'y a rien de plus dégueulasse que d'enfoncer la vie de force dans la gueule des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus s'en servir."

"Les vieux et les vieilles ne servent plus à rien et ne sont plus d'utilité publique, alors on les laisse vivre. En Afrique, ils sont agglomérés par tribus où les vieux sont très recherchés, à cause de tout ce qu'ils peuvent faire pour vous quand ils sont morts. En France, il n'y a pas de tribus à cause de l'égoïsme."

 

"Si Madame Rosa était une chienne, on l'aurait déjà épargnée mais on est toujours beaucoup plus gentil avec les chiens qu'avec les personnes humaines qu'il n'est pas permis de faire mourir sans souffrance."

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