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NAGEURS DE LA NUIT  - Tomasz Jedrowski

LIVRE 22

256 pages

 

 

LE RESUME 

Pologne, 1980. Ludwik et Janusz, étudiants, tombent amoureux lors d'un camp d’été à la campagne. Mais de retour à Varsovie, sous le joug d’ un Parti omniprésent et menaçant, leur relation secrète devient dangereuse. Ludwik et Janusz sont confrontés au choix d’une vie : Faut-il (se) trahir pour protéger celui que l'on aime ? Porté par une plume élégante et sensible, Les nageurs de la nuit nous plonge dans une histoire d’amour déchirante à l’époque du rideau de fer.

Ce que j'en pense   

Comme un petit oiseau lâché dans le ciel, effrayé et enthousiasmé par le vide devant lui, Ludwik nous retrace son histoire avec beaucoup de sensibilité.

Cette histoire, magnifique et bouleversante, c’est l’histoire de son impossible histoire d’amour avec Janusz, celle de l’état qui emprisonne, de la société qui juge et de savoir comment vivre quand on n’est pas libre d’être soi-même ?

 

A Varsovie en 1980, sous le régime communiste de l’URSS, gouverné par un Parti omniprésent et menaçant, l’homosexualité n’est pas une option. La relation entre Ludwik et Janusz doit rester secrète pour ne pas les mettre en danger.

 

A leur amour s’opposent aussi leurs caractères, leurs sensibilités, leurs envies de vivre. Tandis que l’un se cache pour ne pas souffrir, l’autre, sans concession, se donne entier à ce qu’il est.

D’un côté il y a Janusz qui, réaliste, sait qu’aucun avenir n’est possible. Il ne se projette pas. A trop peur du régime, trop peur d’aimer, trop peur de vivre. Il prend le parti d’entrer dans le système plutôt que de le combattre.

 

De l’autre côté il y a Ludwik, ce personnage qui traine son estomac comme une serviette qu’on essore. Il est entier, c’est noir ou blanc. Même s’il le voulait, il ne pourrait pas voir la vie en gris.

J’ai souffert avec lui de son amour impossible. J’ai souffert de ses vaines tentatives pour ne pas se noyer dans le néant de lui-même le jour où il comprend que certains être, certains évènements peuvent nous faire perdre la tête. Certaines personnes ont ce pouvoir sur nous. Comme une guillotine, ils coupent notre vie en deux. L’avant et l’après.

Ludwig, je me suis reconnue en lui et sa façon de tout prendre au sérieux. Sans compromis

Il aura fallu du temps à Ludwik pour admettre qu’on ne peut pas forcer les gens à nous aimer comme on voudrait. Alors, parce qu’il ne voit pas l’adaptation comme une option, il a l’intelligence et le courage de se choisir d’abord.

Il rappelle au lecteur que nous ne pouvons jamais faire durer nos mensonges indéfiniment. Comme il nous le dit très justement, Tôt ou tard, nous sommes forcés d’affronter leurs ténèbres. Nous pouvons seulement choisir le quand mais pas le si.

 

On oublie parfois qu’on a le choix. Avec son courage et sa détermination à s’affirmer, Ludwig nous rappelle que si.

Magnifique roman très poétique.

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - LIVRE 22

SAMARCANDE - Amin Maalouf

376 pages

 

 

LE RESUME 

Samarcande, c'est la Perse d'Omar Khayyam, poète du vin, libre-penseur, astronome de génie, mais aussi celle de Hassan Sabbah, fondateur de l'ordre des Assassins, la secte la plus redoutable de l'Histoire.
Samarcande, c'est l'Orient du XIXe siècle et du début du XXe, le voyage dans un univers où les rêves de liberté ont toujours su défier les fanatismes. Samarcande, c'est l'aventure d'un manuscrit qui, né au XIe siècle, égaré lors des invasions mongoles, est retrouvé des siècles plus tard.
Une fois encore, nous conduisant sur la route de la soie à travers les plus envoûtantes cités d'Asie, Amin Maalouf nous ravit par son extraordinaire talent de conteur.
A la suite d'Edgar Allan poe, il nous dit: "Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande! N'est-elle pas reine de la Terre? Fière, au-dessus de toutes les villes, et dans ses mains leurs destinées?"
Samarcande a obtenu le Prix des Maisons de la Presse 1988.

Depuis bien longtemps que Samarcande fascine les peuples de la terre et plus spécialement ceux de l'Occident jadis la route de la soie la ville était très prospère dans la culture et bien d'autres choses ... 

Ce que j'en pense   

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2024 - LIVRE 20

AU LOIN QUELQUES CHEVAUX DEUX PLUMES - Jean-Louis Milesi

504 pages

 

 

LE RESUME 

Ce jour de juillet 1900, Edward Sheriff Curtis aurait dû mourir égorgé par Henry, bandit de grand chemin. Mais c’est ce même homme qui lui sauve la vie.
Un Henry qui s’appelle en réalité Mika Ohiteka, en sioux « féroce raton laveur ». Il a dix ans en 1862 lorsque, après une nouvelle guerre perdue contre les Blancs, les Sioux sont déportés hors du Minnesota. Alors que leur convoi traverse une ville, une foule haineuse l’attaque. Mika se retrouve isolé des siens. Perdu en plein hiver. Remontant la rivière, il survit et arrive à Mankato. Accoutré en Blanc, le jeune Indien se fond dans la foule venue assister à une pendaison collective. Les condamnés à mort : trente-huit guerriers sioux. Parmi lesquels son grand frère, Hdainyanka.
Curtis, trente-huit ans plus tard. Il a été dépouillé de son chariot, son matériel photographique, son revolver par les bandits… Sans Henry, il n’aurait pas survécu à la chaleur, la faim, la soif. Un long périple conduit les deux hommes jusqu’à une réserve, dans le Dakota du Sud, où le photographe découvre les misérables conditions de vie des Indiens. Et où il comprend qui est Henry, devenu son ami.
Il ignore encore qu’il passera les trente prochaines années de sa vie à témoigner de la beauté et de la grandeur de cette « race qui disparaît ».
Milesi maîtrise une écriture très personnelle pour caractériser cet univers, et raconter la naissance d’une vocation à une période mythique, avec l’un des derniers grands combats des Indiens contre les Blancs ; les conditions de vie dans des réserves misérables sur des territoires déshérités ; un orphelinat catholique pour les filles, arrachées à leurs familles et soumises à des traitements implacables.
Et au cœur de cette histoire, Edward Curtis, dont l’œuvre photographique et mémorielle est universellement connue.

Ce que j'en pense   

« Une photographie, c’est comme si tu découpais un bout du monde, un bout de paysage, et tu le gardes pour toujours ».

C’est avec ces mots que Edward S Curtis explique à Henri le principe d’une photo.

Henri - alias Mike Ohiteka - alias aussi Menteur avec Pipe - moitié blanc moitié indien - ni blanc ni indien - invisible et rejeté - n’a jamais vu une photo de sa vie.

Avec son appareil, parce qu’il se sont apprivoisés, Edward veut rendre vie à cet indien que l’homme blanc veut rendre invisible.

Même s’il le sait, une photographie ne suffira pas à rendre la complexité de son regard, ses rares sourires, sa gourmandise pour le lait concentré sucré, son habileté à faire du feu, le souvenir de son frère mort qui le hante.

Comment, de la seule photo qu’il pourra prendre de lui, pourrait en ressortir tous les détails, les imperfections, les rêves, les habitudes et les inquiétudes qui le définissent ?

Ce roman c’est ;

~ L’ouest américain, fin 19e, avec des amérindiens et des colons.

~ Un photographe qui veut donner de la lumière à ce que la vie a mis dans l’ombre.

~ La rencontre entre deux hommes que rien ne destinait à se trouver.

 

Alors oui, c’est vrai. J’ai trouvé la lecture inégale et l’intrigue longue à se mettre en place pendant la première moitié du roman.

Mais même si le début n’a pas été à la hauteur de mes espérances, je me suis rattrapée sur la 2e partie, c’est celle que je préfère garder en mémoire parce que je l’ai beaucoup aimé.

L’aventure est arrivée, avec ce qu’elle a de dramatique, tragique et intense. Avec ses voyages, ses dangers et sa beauté.

Les personnages deviennent plus profonds, moins attendus, plus de reliefs. Ils sont devenus comme un peu plus réels, un peu plus humains. Ils se sont transformés, l’un au contact de l’autre. Ils ont évolué et vu le monde chacun avec les yeux de l’autre.

Pour ceux qui suivent et ont l’habitude de lire mes retours de lectures, vous savez que j’aime ces histoires de rencontres imprévues et d’amitiés improbables.

 

Ces rencontres capables de détourner le cours d’une vie ou de transformer un être. Ceux qui ne sont pas figés, qui gardent l’esprit ouvert, qui écoutent les signes, qui apprennent et grandissent au contact d’autres énergies qui les inspirent.

L’idée est belle, je la retrouve ici.

Belle lecture! 

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Ma note: 
Bien

 

 

 

2024 - LIVRE 21

LES MIRACLES DU BAZAR NAMYA - Keigo Higashino

384 pages

 

 

LE RESUME 

En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur. Un miracle de roman fantastique, émouvant et profondément humaniste.

Ce que j'en pense   

Ma note: 
Bien
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2024 - LIVRE 19

SUR LA ROUTE DE MADISON - Robert James Waller

157 pages

 

 

LE RESUME 

Francesca Johnson, fermière de l'Iowa, était seule cette semaine-là ; son mari et ses enfants s'étaient rendus en ville pour la foire agricole. Sa rencontre avec Robert Kincaid, écrivain-reporter qui photographiait les ponts du comté de Madison, eut lieu au cours de l'été 1965. Dès leur premier regard, ils surent qu'ils étaient faits l'un pour l'autre de toute éternité. Ils ne disposaient que de quelques jours pour se connaître, s'aimer et vivre une vie entière de passion silencieuse, avide et sans espoir.

Ce que j'en pense  

 

Pour l’univers, 4 jours n’ont pas moins de valeur que 4 milliards d’années-lumière.

4 jours, c’est le temps total qu’ils ont passé ensemble.

 

Depuis le temps, vous commencez à me connaitre.

~ Vous savez que j’aime les gros pavés que personne ne veut lire, les plantes vertes - même celles qui n’ont pas de fleurs - les pissenlits et les vernis à ongles.

~ Vous savez aussi, ou je vous l’apprends, que même sans pavot, je suis capable de voir des nageurs dans les nuages.

~ J’aime les histoires avec des destins qui basculent, des invitations de la vie - que l’on accepte quand on est joueur – et des signes de l’univers – que l’on écoute quand on comprend.  

~ Vous avez aussi compris que - parce que chacun ses névroses - je suis du genre fleur-bleue, naïve et légèrement perchée à aimer les clichés et les hommes amoureux - A relativiser, sachant que j’ai aussi fondu pour Gengis Khan et son armée sanguinaire.

 

Enfin, tout ça pour dire, que Robert, p 21 je l’aimais déjà.

Un homme qui ressemble au vent et bouge comme lui, qui s’enthousiasme pour la couleur du ciel, un magicien qui vit en lui dans des régions étranges, un photographe qui cherche à saisir la lumière plus que l’objet, qui aime les mots et les nuages.  

Plus cliché, tu meurs.

 

La rencontre entre deux âmes et leurs passions de vivre.

4 jours loin de la réalité qui étouffe la musique et emprisonne les rêves.

Un espace, où danser à nouveau.

Sans espoir, dès le départ. Tout était terminé avant même de commencer.

Plus cliché, tu meurs aussi.

 

Mais enfin, Robert et Francesca, ils sont très assortis à mon vernis rose bonbon ;

Alors,

Même s’il n’y a vraiment que moi pour croire à ce genre de trucs ;

Même si j’ai pleuré comme une idiote sur mon siège dans le train ;

Même si je ne saurais jamais si le vieux Monsieur à côté me fixait à cause des larmes qui coulaient ou de la jupe très courte qui remontait ;

C’était un très joli moment de lecture.

 

Et la question qui me reste, une fois la musique étouffée, dans ce silence dont ils ne veulent pas. 

Où vont-ils danser maintenant ?

Une très belle lecture. 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - LIVRE 18

REFUGE AU CREPUSCULE - Grégoire Domenach

324 pages

 

 

LE RESUME 

Quand Gaspard Dernaisse, jeune photographe français, engage la conversation avec un inconnu à l’aéroport d’Istanbul, il ne sait pas encore que cette rencontre va marquer le début d’une longue aventure. L’homme qui se présente sous le nom d’Arstan Isaev va lui révéler assez vite qu’il est condamné par la maladie. Il aimerait néanmoins réaliser avec l’aide de Dernaisse un livre de photos sur son pays, le Kirghizstan, et l’offrir comme un dernier témoignage d’amour à son épouse, spécialiste de la photographie. Arstan lui présente alors un autre Français, installé au Kirghizstan depuis plus de dix ans, qui pourra lui servir de guide : Barza. Personnage troublant au caractère imprévisible, Barza est aussi un fugitif qui cache de lourds secrets. Ensemble, ils débutent un périple à travers le pays ainsi qu'au Kazakhstan voisin, et c’est dans ce décor de lieux sauvages et reculés, entre steppe et montagnes, que se jouera la confrontation de ces deux hommes si dissemblables.
À la manière d’un récit initiatique, Refuge au crépuscule nous interroge sur des vies marquées par le deuil et qui cherchent malgré tout le chemin de la rédemption.

Ce que j'en pense   

Capturer l’essence d’une réalité, d’un mouvement, d’un instant. Les sublimer. C’est ce que recherche Gaspard avec son appareil photo. C’est aussi ce que fait l’auteur avec ses mots.

 

Gaspard, jeune photographe en recherche d’un refuge où se cacher du monde, rencontre par hasard un inconnu à Istanbul. Arstan, l’une de ces rencontres imprévues que la vie place sur notre route pour en changer le cours. Arstan a un cancer et se sait condamné. Il propose à Gaspard une étrange mission. Avant sa mort, réaliser un livre photo de tous les lieux et personnes qui ont compté.

Jouer, Gaspard accepte cette invitation du destin. Il suit Arstan au Kirghistan et rencontre celui qui sera son guide, Barza. Barza, un énigmatique conteur, secret, mystérieux et sauvage. Lui aussi, mais pour des raisons différentes, cherche à se cacher du monde. 

 

S’en suit alors une aventure de plusieurs mois dans les contrées sauvages et grandioses de ce pays dont je ne connaissais rien. Le décor est rugueux, magnifique et presque magique. La steppe fait grandir Gaspard, ses aventures aussi, ses rencontres surtout. Ensemble, Gaspard et Barza s’apprivoisent et se dévoilent les blessures de leurs âmes.  

 

Une lecture hors du temps sur l’aventure, l’amitié, la guérison, la mort et la renaissance.

Il souffle, comme une envie de vivre, pour qu’à la fin, quand viendra notre tour de rassembler les photos d’une vie, être certain qu’il n’en manquera aucune.

Alors, s’animer, rire, danser, s’écouter, s’ouvrir, aimer. Un peu, beaucoup, à la folie. Quand ce n’était pas prévu, quand on n’a pas envie. Quand la société, la peur, et la raison nous disent « noooon » mais que l’instinct nous y pousse. Prendre le risque d’ouvrir la porte sans savoir ce qu’il y a derrière.

Alors, Jouer. Perdre, et c’est triste. Tomber, pleurer, avoir mal, se perdre. Se retrouver, se relever. Re jouer. Gagner, et c’est génial, on a bien fait.  

 

J’ai écrit cette chronique un jour de mal au cœur ou j’aurais voulu être capable de ressentir moins fort. En écrivant, j’ai réalisé qu’elles peuvent être délicieuses, ces images au goût de larmes. Parce qu’être triste, c’est déjà être vivant.

Ce jour-là, mon mal au cœur s’est envolé.

Une très belle lecture! 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - LIVRE 17

PATAGONIE ROUTE 203 - Eduardo Fernando Varela 

360 pages

Lu pour le prix du meilleur roman Points 2024 

 

 

LE RESUME 

Un formidable road-trip à travers les routes les plus inhospitalières et sidérantes du sud du monde où rien ni personne n’est ce qu’il semble être.
Un merveilleux premier roman.
Au volant de son camion, un énigmatique saxophoniste parcourt la géographie folle des routes secondaires de la Patagonie et subit les caprices des vents omniprésents.
Perdu dans l’immensité du paysage, il se trouve confronté à des situations aussi étonnantes et hostiles que le paysage qui l’entoure. Saline du Désespoir, La Pourrie, Mule Morte, Indien Méchant et autres lieux favorisent les rencontres improbables avec des personnages peu aimables et extravagants : un journaliste qui conduit une voiture sans freins et cherche des sous-marins nazis, des trinitaires anthropophages qui renoncent à la viande, des jumeaux évangéliques boliviens gardiens d’un Train fantôme, un garagiste irascible et un mari jaloux…
Au milieu de ces routes où tout le monde semble agir avec une logique digne d’Alice au pays des merveilles, Parker tombe amoureux de la caissière d’une fête foraine. Mais comment peut-on suivre à la trace quelqu’un dans un monde où quand on demande son chemin on vous répond : « Vous continuez tout droit, le jeudi vous tournez à gauche et à la tombée de la nuit tournez encore à gauche, tôt ou tard vous allez arriver à la mer » ?

Ce que j'en pense   

Obsédé par une femme dont il ne connait rien – ni le nom ni l’histoire, ni les peurs, ni les rêves, ni les attentes – un énigmatique chauffeur routier va traverser les routes immenses et solitaires de Patagonie pour la retrouver.

Animé par un amour inattendu et irrationnel, Parker chamboule son quotidien. Il renonce à tout. Ne pense plus à rien. Rien, sauf à elle.

 

~Une promesse d’aventure ;

~Un road trip dans un paysage hostile, immense et magnifique ;

Et ;

~Une émotion capable à elle seule de faire dévier une trajectoire de vie. 

 

Le roman avait tout pour me plaire...  

J’ai compris la folie de Parker, ses certitudes inexplicables, sa conviction aveugle et son obsession pour cette femme. Comme lui, j’aurais pu tout quitter.

... Sauf qu’il ne suffit pas de cocher les bonnes cases pour que la magie opère. 

Alors peut-être que mes cases ne sont pas droites parce que je n’ai absolument rien ressenti à la lecture de ce roman.

Rien. Nada. Que dalle.

 

Tout le roman est construit autour du coup de tête/coup de cœur de Parker mais le texte est froid et descriptif, sans aucun sentiment, aucune douceur, rien qui inspire de l’amour – et même pas de s*xe, c'est pour dire 😅.

~ Il y a beaucoup de scènes burlesques et absurdes qui auraient pu en faire un roman drôle, si cet aspect avait été plus assumé et plus poussé.

~ Le voyage en Patagonie était poussiéreux, venteux, sans couleurs et sans odeurs. 

 

🤜 Et puis,

Plus tard,

J’ai repensé au livre.

J’ai alors compris que je n’avais rien compris. 

Mon petit cœur hypersensible et moi, on a beaucoup d’émotions. On croit trop que tout le monde est comme nous. C’est naïf. Je n'avais pas le bon angle de perception, il n’a jamais été question d’une histoire d'amour. 

C’était sûrement plus cynique, l’impulsion d’un homme à la dérive, un bonheur illusoire pour oublier l’absence d’horizon hors de la cabine de son camion. 

Cela explique tout le ton et l'atmosphère du roman - que je n'ai pas aimé, parce qu'à attendre quelque chose qui n'existe pas, forcément on se prend un mur. 

 

En sachant cela, livre à relire. Ou oublier. 

Je ne sais pas encore.

 

Ma note: 
Long et ennuyeux
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2024 - LIVRE 15

BONJOUR TRISTESSE - Françoise Sagan 

 

 

LE RESUME 

La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l'amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.
C'était l'été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d'un " charmant petit monstre " qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l'image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.

Ce que j'en pense  

 

Adieu tristesse

Bonjour tristesse

Tu es inscrite dans les lignes du plafond

Tu es inscrite dans les yeux que j’aime

Tu n’es pas tout à fait la misère

Car les lèvres le plus pauvres te dénoncent

Par un sourire

(..)

Paul Eluard - La vie immédiate

 

Françoise Sagan faisait partie de la longue liste d’auteurs que je n’ai jamais lu et que je voulais découvrir. Alors, quand l’opportunité s’est présentée à l’occasion de la réédition du roman, j’ai foncé.

 

Honnêtement, je dois avouer que j’ai commencé la lecture sans avoir la moindre idée du sujet de ce livre. Je n’avais jamais lu aucun résumé, aucune critique et évidemment pas la 4e de couverture non plus. Je suis partie vierge de tout avis et j’ai été très surprise, je ne m’attendais pas à ça.

Alors, de quoi il parle, ce roman culte, classique de la littérature française dont j’imagine que tout a déjà été dit ? En une phrase, c’est l’histoire de Cécile, 17 ans, qui cherche à séparer son père de sa nouvelle belle-mère.

 

Bonjour tristesse.  

Avec un titre pareil, ma Mélancolie et moi, on s’attendait à pleurer. Il faut dire qu’on adore ça, les romans tragiques, dramatiques, bouleversants. On aime pleurer et mettre des jours à s’en remettre. Et bien c’est drôle, parce qu’au final, je n’ai pas du tout trouvé que ce roman était triste.

 

C’est gentiment sulfureux. Je dis « gentiment » parce que pas vraiment. Il faut ne jamais avoir été une fille de 17 ans pour le trouver sulfureux.

Enfin, c’est le cas aujourd’hui.

Quand on sait que le roman a été écrit par une jeune femme de 18 ans en 1954, au vu du contexte de l’époque, la démarche est admirable. Impertinente. A une époque où la sexualité féminine n’était pas un sujet, la contraception non autorisée et l’IVG je n’en parle même pas.

Alors, le dévergondage de Cécile, il a surement choqué à l’époque.

 

Plus que triste, le roman est cynique, avec son personnage gentiment cruel. Je dis « gentiment », encore, parce que pour avoir été une fille de 17 ans, je ne pense pas que Cécile soit pire soit que toutes les autres filles de son âge. Elle a besoin d’amour et d’attention. Alors quand elle se sent rejetée, par ennui, par jalousie, elle en devient méchante, méprisante et manipulatrice.

 

Le texte est très court, vite lu, très bien écrit.

En nous parlant des rapports familiaux, ce livre nous parle aussi des espoirs de la jeunesse, de son insouciance, son égoïsme et de ses erreurs qui n’en sont pas vraiment - puisque de toute façon, c’est comme ça qu’on devient qui on devient.

Cécile est un personnage très crédible et réaliste auquel il n’a pas été difficile de s’identifier et encore mois de s’attacher. Avec toutes ses imperfections, son besoin d’amour, son envie de vivre, sans qu’elle ne l’ait voulu, elle apprend à ses dépens que ses actes sont lourds de conséquences.

Une belle lecture

 

Ma note: 
Très bien 
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2024 - Abandon 

FOUCAULT A VARSOVIE - Remigiusz Ryzinski

 

 

LE RESUME 

En 1958, Michel Foucault arrive en Pologne. Il vient d’être nommé directeur du Centre de civilisation française de l’université de Varsovie et doit terminer sa thèse que le public découvrira plus tard sous le titre d’Histoire de la folie à l’âge classique. Son séjour est pourtant écourté : l’année suivante, il est contraint de quitter brusquement le pays pour éviter un scandale diplomatique lié à son homosexualité. Un jeune homme, Jurek, instrumentalisé par la police politique, paraît être la cause de ce départ.
En fouillant les archives et en recueillant les récits des témoins de l’époque, Remigiusz Ryziński tire le fil de cette opération de décrédibilisation et rejoue une période effacée de la vie de Michel Foucault. Plus encore, il brosse un tableau captivant de la condition homosexuelle en Pologne sous le communisme, des saunas de la ville aux appartements abritant ces amours décriées, tout à la fois fichées, surveillées et utilisées à des fins politiques.
Foucault à Varsovie a été finaliste du prix Nike (l’équivalent du Goncourt en Pologne) dans la catégorie journalisme littéraire.

Ce que j'en pense  

 

Vraie découverte littéraire, sur le fond et la forme.

Un livre assez différent de ce que j’ai l’habitude de lire puisqu’il ne s’agit pas d’un roman mais d’un texte hybride, entre enquête, reportage littéraire, documentaire...

 

Tout commence avec cette question ; pourquoi Michel Foucault a-t-il été expulsé de Varsovie en 1959, après y avoir dirigé le Centre de civilisation française et pourquoi ne reste-t-il aucune trace de son séjour ?

Avec cette question, l’auteur nous entraine, de façon très documentée, dans le quotidien de la société polonaise lors de sa période communiste des années 50. De façon très spécifique, Remigiusz Ryzinski nous embarque dans ce qu’était la vie des homosexuels à l’époque - et sa répression plus que choquante.

 

Et oui, le régime communiste de l'époque avec son service de la sécurité intérieure montait des dossiers contre toutes personnes « suspectées » d’homosexualité. Les descriptions des méthodes et des clichés fait froid dans le dos.

Le régime suivait également les étrangers à la trace en documentant leurs faits et gestes. Michel Foucault, étranger et homosexuel, autant dire qu’il n’est pas passé inaperçu auprès des services de renseignements polonais de l’époque.  

 

Le livre est rédigé en reprenant les souvenirs de certains témoins mais également avec les notes et observations de la police - notes qui se révèlent consternantes mais très révélatrices d’une époque.

 

Je dois dire honnêtement que j’ai été un peu perturbée par ce livre.

Ce n’est pas tant le format « enquête » qui m’a déstabilisée. La narration à la première personne nous embarque avec l’auteur pendant ses recherches et ce fut finalement comme de suivre une enquête dans un roman.

 

Non, ce qui m’a déstabilisée, c’est de n’avoir jamais réussi à cerner les intentions de l’auteur.  Même si Michel Foucault est le prétexte, le fil rouge de ce livre, je n’ai jamais senti qu’il s’agissait de son vrai sujet. Parce que des sujets, vous l’aurez compris, il y en a plusieurs qui cohabitent et coexistent : Michel Foucault - vie homosexuelle polonaise de la fin des années 1950 - régime communiste polonais… ,

 

Au final, un livre très instructif et intéressant pour ses éclairages historiques de la société polonaise de l’époque, mais beaucoup de biais et d’angles d’approches qui m’ont perdue..

 

 

Ma note: 
ABANDON

 

 

 

2024 - Livre 16

LES DERACINES - Catherine Bardon

 

 

LE RESUME 

Almah et Wilhelm se rencontrent dans la Vienne brillante des années 1930. Après l'Anschluss, le climat de plus en plus hostile aux juifs les pousse à quitter leur ville natale avant qu'il ne soit trop tard. Perdus sur les routes de l'exil, ils tirent leur force de l'amour qu'ils se portent : puissant, invincible, ou presque. Ils n'ont d'autre choix que de partir en République dominicaine, où le dictateur promet 100 000 visas aux juifs d'Europe. Là, tout est à construire et les colons retroussent leurs manches. Pour bâtir, en plein cœur de la jungle hostile, plus qu'une colonie : une famille, un avenir. Quelque chose qui ressemble à la vie, peut-être au bonheur...

Ce que j'en pense  

 

Victor Hugo disait que l’exil est comme une longue insomnie.

Parce qu'il fait nuit en plein jour pour ces colons, apatrides dont personnes ne veut, c’est aussi mon ressenti à la lecture du roman.

On y découvre des exilés qui pour sauver leur vie ont perdu tout le reste.

Tout, jusqu'aux fondements de leurs identités.

Et alors, ce mot prend tout son sens.

Déracinés..

Pas morts, mais pas tout à fait vivants non plus.

Vienne, années 30, Wilhem rencontre Almah. Ils sont jeunes, amoureux, et juifs.

Les années passent et la tension monte dans cette ville de plus en plus hostile. Vient la question de plus en plus pressante, rester ou partir?

L’autrice nous montre bien la difficulté à prendre cette décision - pas si simple qu'il n'y paraît depuis notre canapé 85 ans plus tard.

 

~ Pour les premiers qui ont pensé à fuir - Ceux qui;

Ont compris avant les autres, ont perdu espoir avant les autres,

Les plus lucides, les moins idéalistes…

Pour ceux-là, l’exil a été plus facile.

Des visas, un bateau, un train, l’Angleterre ou l’Amérique – celle du nord ou celle du sud. Partir.

 

~ Mais le temps passe, et pour ceux qui avaient gardé espoir la situation se complique.

Quand il devient clair qu’il faut partir, le monde ferme ses frontières et les quotas de visas sont vite remplis. Pour Almah et Wilhem, commencent plusieurs années d’errance.

 

Je ne m’étais jamais posé la question de savoir ce qu’étaient devenus les juifs qui avaient fui l'Europe. L’Histoire raconte les camps et l’horreur de la déportation, mais de ceux qui sont partis, on n’en dit pas grand-chose.

Il ne m’était jamais venu à l’esprit, et je ne m’étais même jamais posé la question, qu’à eux non plus, la vie n’avait pas fait de cadeaux.

 

 Je me rends compte que, sans le faire exprès, j’ai énormément lu sur ce sujet de l’exil et de l’immigration ces dernières semaines.

Je ressors de ces lectures avec l’impression d’avoir compris et ressenti des choses qui m’échappaient jusque-là. Je referme le livre en me sentant un peu différente de celle que j’étais en commençant.  

 

Alors rien que pour cela, merci

 

Ma note: 
Très bien 
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2024 - Livre 

lES SIRENES D'ES VEDRA - Tom Charbit

 

 

LE RESUME 

À l’approche de la quarantaine, Juan sort d’une longue nuit de vingt ans. Vingt années derrière ses platines à faire danser le monde entier, vingt années de fêtes et d’excès, sans jamais toucher terre. Jusqu’au jour où ses oreilles lui font défaut. Mais comment se réinventer quand autour de soi tout s’effondre ? Y a-t-il une vie après la fête ?

Ce que j'en pense  

 

»

 

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2024 - Livre 13 

ZORRIE - LAIRD HUNT

 

 

LE RESUME 

Laird Hunt parvient à faire entrer toute une vie dans 240 pages.

Celle de Zorrie Underwood, une femme modeste née dans l’Indiana au début du siècle dernier. Une vie simple menée dans une dignité discrète, pas toujours gaie, souvent rude, bouleversée par les convulsions qui ont agité le XXe siècle.

Une vie humble à laquelle rend hommage Laird Hunt qui signe ici un livre éminemment politique, au sens le plus noble du terme, en se dévouant à cette catégorie sous-représentée en littérature des héros et héroïnes des existences banales.
À la manière de Flaubert dans Un cœur simple, le court et riche roman de Laird Hunt offre un portrait poignant d’une femme ordinaire, à un moment pivot de l’histoire américaine. Avec justesse et poésie, Zorrie raconte de manière magistrale la cruauté et la beauté du quotidien dans une Amérique en pleine transformation.

Ce que j'en pense  

Zorrie - Une fille fantôme.

 

Fille fantôme parce que luisante de radium.

A l’usine où elle travaille dans sa jeunesse, avec les autres ouvrières, elles en rient, de ce produit qui fait briller. Il les empoisonne aussi, mais ça, elles ne le savent pas encore. Elles ne l’apprendront que plus tard, avec le cancer, la mort et les fausses-couches.

 

Fille fantôme aussi, parce qu’on la voit à peine.

Et pourtant on ne voit qu’elle.

A quoi elle ressemble, on n’en sait rien.

 D’ailleurs, à quoi elle rêve, on n’en sait rien non plus.

 

Ce roman met à l’honneur une femme qui aurait pu être un personnage secondaire dans un roman plus sensationnel, dans une histoire pleine d’aventures, de coups de théâtres et d’ascenseur émotionnel.

Mais non, à priori, rien de sensationnel chez notre fille fantôme. Vie quotidienne, certes. Mais relatée avec beaucoup de douceur, de pudeur et de poésie. C’est touchant parce que très réel.

Zorrie c’est l’histoire d’une vie banale qui a traversé le 20e siècle, celle d’une femme qui cherche sa place en Indiana, dans l’Amérique rurale à partir des années 30.

Dans ce monde rural, on ne parle ni des morts, ni des disparus, ni de la femme de Noah qui a mis le feu à la maison, ni des fausses-couches et des enfants qu’on n’aura jamais. On travaille beaucoup, on s’entraide, on vit ensemble, mais des vraies choses de la vraie vie, on n’en parle pas du tout. Par pudeur, par fierté, par habitude.

 

Zorrie, comme tous les autres, c’est un personnage très sobre dans ses paroles et l’expression de ses émotions. J’ai mis du temps à la comprendre et à l’apprivoiser, cette femme si solide.

Parce qu’elle parle peu, encaisse tout sans réagir, serre les dents et avance, j’ai d’abord cru qu’elle était vide. Ascétique. Quoi ? Aucune crise de nerfs, pas d’angoisse, pas de pleurs, pas de peurs et même pas de joie ?

 

Il m’a fallu plusieurs chapitres pour comprendre. Quand elle a fermé les yeux à la recherche d’une grotte où se cacher, j’ai compris. Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas de mots qu’elle ne nous parle pas. Et elle m’a parlé. Et je l’ai compris.

Je l’ai rejoint dans sa grotte, qui ressemble finalement beaucoup à ma cabane au fond des bois. Même si moi, j’arrive à l’atteindre les yeux ouverts.  

 

Alors de ce roman, j’en garderai la douceur des silences qui en disent long.

Beaucoup de poésie dans l’écriture très épurée, directe, et centrée sur l’essentiel.

Et le courage de cette femme volontaire pour tout sauf s’écouter.

 

Ma note: 
Bien
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2024 - Livre 12

BRATISLAVA 68 - ETE BRULANT  - Viliam Klimacek

384 pages 

 

 

LE RESUME 

«Au printemps 1968, le parti communiste tchécoslovaque expérimente le « socialisme à visage humain ». La censure est interdite, les frontières s'ouvrent vers l'Ouest, les biens de consommation font leur apparition... Un vent de liberté souffle sur le pays.
Cet été là, Alexander et Anna montent dans leur Skoda Felicia, un cabriolet flambant neuf, pour
rejoindre leur fille Petra à Bratislava où elle vient de terminer de brillantes études de médecine. Tereza, fille d'un cheminot rescapé des camps de concentration et d'une éditrice à la Pravda qui ont longtemps accueilli des réfugiés hongrois de 1956, séjourne dans un kibboutz en Israël pour renouer avec sa culture juive. Jozef, pasteur défroqué pour avoir refusé de dénoncer des paroissiens auprès du Parti, fait ses premières armes à la radio.
Dans la nuit du 20 au 21 août, tandis que les tanks soviétiques envahissent la ville, le destin de ces trois personnages et de leurs familles va basculer. Pendant quelques heures, la frontière avec l'Autriche reste ouverte, Vienne est à une heure de train. Chacun devra alors faire un choix : partir ou rester ? Fuir la violence ou résister à l'oppresseur ?" 

Ce que j'en pense  

 

Il parait que le vert est la couleur de l’espoir.

En 1968, de l’espoir, ils en ont eu, les Tchécoslovaques. Un espoir vert brillant de liberté. Liberté d’expression, liberté de la presse, liberté de circuler. Des réformes, des projets et la promesse d’un monde nouveau.

Espoir balayé, brisé et fracassé le 21 aout 1968 avec l’invasion du pays par les chars Russes.

 

Alors, avant la fermeture des frontières, il y a un très court laps de temps pendant lequel nos personnages auront le choix. Fuir. Tenter l’exil. Prendre sa voiture, un sac, et tout perdre. Tout, sauf la liberté.

Ou

Rester chez soi. Affronter la dictature, la normalisation et l’espoir qui repart.

 

L’exil. Une grande partie des personnages va faire ce choix. Ceux qui le peuvent, en tout cas. Déracinés.

Tout recommencer à zéro.

Se retrouver à la rue.

Pas de travails, pour ces ingénieurs, médecins et brillants étudiants.

Être sourd et muet dans un monde que l’on ne comprend pas. Ni les mots, ni les sons, ni les images ni pourquoi est-ce qu’on peut acheter des tomates en hiver ?

Comprendre que l’on ne verra plus jamais son père. Que sa mère est morte seule.

Devoir choisir entre l’abandon de sa femme ou la fuite avec son enfant. Evidemment, on fuit. Alors elle, on l’abandonne.

Et pour elle. Les laisser partir. Rester seule.

Et mourir.

« Arrêtez la Terre, je veux descendre ».

 

Et puis, pour ceux qui sont partis, le triste constat que la liberté n’a pas apporté le bonheur.

J’ai pensé, et c’est terrible, qu’ils auraient été plus heureux dans leur dictature.

Plus heureux que fuir à travers le monde à la recherche d’un chez-soi jamais trouvé.

Plus heureux que parcourir la Terre à la recherche d’un moyen d’en descendre.

 

J’ai été très touchée par ce roman, par le sujet mais aussi par l’écriture. L’auteur emploie un ton légèrement sarcastique et ironique. Il est parfois léger, Parfois décalé, parfois même drôle et jamais dans le pathos. L’écriture n’est pas formatée, elle a sa propre personnalité et ça j’adore. J’en ai eu des frissons, les poils qui se dressent, et même aussi quelques larmes.

 

En écho à l’actualité, ce roman questionne et interpelle sur la façon d’accueillir ceux qui en besoin. Ceux qui cherchent juste un endroit ou être chez soi, en liberté et en sécurité. Me reste cette question, à la toute fin, comment est-ce que je peux aider ? »

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - Livre 12

LA MONTAGNE MAGIQUE - THOMAS MANN 

1107 pages 

 

 

LE RESUME 

« Un jeune homme, Hans Castorp, se rend de Hambourg, sa ville natale, à Davos, en Suisse, pour passer trois semaines auprès de son cousin en traitement dans un sanatorium. Pris dans l'engrenage étrange de la vie des "gens de là-haut" et subissant l'atmosphère envoûtante du sanatorium, Hans y séjournera sept ans, jusqu'au jour où la Grande Guerre, l'exorcisant, va le précipiter sur les champs de bataille.
Chef-d'œuvre de Thomas Mann, l'un des plus célèbres écrivains allemands de ce siècle, La Montagne magique est un roman miroir où l'on peut déchiffrer tous les grands thèmes de notre époque. Et c'est en même temps une admirable histoire aux personnages inoubliables que la lumière de la haute montagne éclaire jusqu'au fond d'eux-mêmes."

Ce que j'en pense  

 

Envoutée par sa magie démente Par son magnétisme qui captive et détourne de la vie réelle, Cette Montagne magique, j’aurais été d’accord pour qu’elle m’enferme.

Tout commence lorsque Hans Castorp rend visite à son cousin dans un sanatorium des Alpes suisse au début du 20e siècle. Alors qu’il prévoit d’y séjourner 3 semaines, il ne sait pas encore que - piégé par la magie des lieux pour un enfermement consenti – il y restera 7 ans.   

Difficile de vous parler de ce roman de 1105 pages qu’il aura fallu 11 ans pour écrire, 5 ans à traduire et 3 semaines à lire. Mais essayons!

La première partie m’a carrément ensorcelée. J’ai été attirée par ce cocon, bulle magique et envoutante. J’ai adoré l’immersion dans un monde clos qui enserre. Un peu comme une secte, la Montagne m’a appelée à un repli. Loin du monde, un temps infini à disposition, une vie lascive, des récurrences rassurantes. En avançant, la lecture devient plus difficile. Les débats politico-philosophico-religieux sont longs et les passages ardus.

Soyons honnête, la lecture n’a pas toujours été une partie de plaisir. La lecture devient plus complexe, plus critique, plus triste aussi. Désenchantée. Comme si petit à petit l’envoutement retombait. On y voit une métaphore de l’Europe malade. Malade des poumons, malade de la tête, malade de partout. Avec leurs personnalités et opinions bien tranchés, les personnages, résidents du sanatorium illustrent la société en déchéance. Ils incarnent des mouvements, des idées, des pensées et l’idée qu’une maladie incube et va bientôt se répandre. Et à la fin, l’histoire s’accélère, l’émotion est palpable.

On voit l’Europe qui s’affaiblit, les conflits qui dégénèrent et la bulle qui explose.

Et moi, sonnée, qui reste là et me demande, je fais quoi maintenant ?

 

 J’ai aimé être déstabilisée par l’étrangeté permanente qui émane du roman,

J’ai aimé son style unique tragi-comique, 

Mes sourires inattendus,

La perte de repère,

Et j’ai aimé me perdre dans le temps qui passe, qui pars et qui revient.

 

Ma note: 
Très bien
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2024 - Livre 1

MARCO POLO - LES VOYAGES INTERDITS  - Gary Jennings 

820 pages 

 

 

LE RESUME 

« Sur les quais de Venise qui bordent la lagune, le dernier rejeton des Polo n'en finit plus de chercher l'aventure. Les gamins des rues ont su saper un à un ses rudiments de discipline. De cette enfance débridée, scandaleuse, il se fera une ligne de conduite. Ligne fuyante et tapageuse qui le mènera bien loin de la cité des Doges - de Bagdad à la Chine du grand Khan, en passant par Saint-Jean-d'Acre et le désert du Grand Salé, entre pillards, prostituées, esclaves et princes divers... Un long voyage jusqu'aux confins du inonde que Polo, égal à lui-même, vit le mors aux dents, jamais rassasié de plaisirs, de richesses et d'horizons..."

Ce que j'en pense  

Ce premier roman d’une saga consacrée à Marco Polo retrace son premier voyage depuis Venise jusqu’à la cour de Kubilaï Khan au 13e siècle. Pendant les 820 pages du roman, on y suit le jeune Marco accompagné de son père, son oncle et leur esclave Narine à travers un long périple.

 

Venise, la Méditerranée, Israël, Irak ; Iran, Afghanistan, Himalaya, Tadjikistan, Inde, Chine.. Il y a de l’aventure, de l’Histoire, du voyage, tout ce que je suis censée adorer.

Oui mais voilà. Une très grande partie du livre est focalisée sur la sexualité des personnages.

Mon problème ici, c’est que c’était vraiment moche et complètement gratuit.

~ Les rapports entre Narine et sa jument (ou alors c’était un âne ?) ;

~ Une esclave tellement en manque qu’elle décide de se **per un singe. Oui oui, un singe ;

~ La question de savoir comment préparer les petits garçons à la s**mie depuis leur plus jeune âge (avec objets, frères ou pères, tout y passe - littéralement) ;

~ L'oncle Mattéo attiré par Aziz, 8 ans, tout à fait consentant,

~ Et quand un bébé pleure et qu’on ne sait pas comment le calmer, bon ben tiens, on lui impose une ** (même pas d’indice sur le mot, c’est trop moche).

Et j’en passe. Dégueu (bon désolée, je vous spoile )

 

Si c’était le sujet du roman, s’il voulait mettre en lumière pour dénoncer, s’il y avait le moindre intérêt à tout ça.. Sauf que là, on est censée suivre les aventures de Marco Polo.

A priori, ce n’était pas le sujet. Ces passages sont normalisés. C’est un mode de vie. Nos « héros » sont des pervers déviants et genre « c’est normal ». Leurs relations sexuelles, attirance pour les enfants et les animaux sont décrites comme le sont leurs repas ou les paysages traversés. Voilà, ça fait partie du voyage

Il me semble que le roman n'est plus édité et je comprends pourquoi.

 

 

Ma note: 
Bien
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2024 - Livre 10

LE PAYX AUX LONG NUAGES - Zineb Mekouar

208 pages 

 

 

LE RESUME 

« Les petites joies ne font pas de bruit, elles ne s’annoncent pas à grand fracas de cuivres comme les réussites éclatantes, mais elles sont là, blotties dans les interstices, entre deux échecs […]. Si discrètes qu’il faut les débusquer, les prendre contre soi, les protéger du vent. Si fugaces qu’elles ne laissent dans la mémoire qu’une ombre de douceur. Mais c’est avec ces douceurs-là qu’on réussit à survivre. »
En Italie, Acia se retrouve sans projet ni attache lorsque le patron de l’osteria où elle travaille disparaît avec l’argent de la caisse. Le hasard, et la compagnie despotique mais amicale d’un chat des rues napolitaines, la mènent jusqu’à un banc sur lequel elle découvre un livre de cuisine.
À l’intérieur, le nom d’un village : Palazzo. Acia y voit un signe et décide de se laisser guider une fois encore par le destin capricieux qui semble gouverner sa vie. Peut-être doit-elle rapporter ce livre à sa propriétaire ?
À quelques milliers de kilomètres de là, à Izmir, Kamar est sur le point d’embarquer avec sa fille sur un canot de fortune. Pour fuir les bombardements, la mort, la guerre qui ravage la Syrie… Elle n’emporte avec elle qu’un peu d’argent, le souvenir de son mari et, avec une cuillère en bois sculpté léguée par sa grand-mère, les effluves épicés des mets de son pays.

Ce que j'en pense  

 

Dans ce roman qui se déroule en grande partie en Italie, le lecteur suit le destin de trois femmes.Perdues.Qui se cherchent.Qui se trouvent.  

Il y a Kamar, une migrante qui fuit la Syrie avec sa fille de neuf ans.

Il y a Acia, 37 ans, sans emploi, sans famille, sans attache

Et il y a Nebbe, une femme âgée, handicapée et solitaire.

Il y a aussi un chat,

Un livre de recette bien mystérieux,

Et des cartes postales de Lourdes, reçues tous les ans à la même date.

 

Presque.

Ce roman, il m’a presque touchée; 

Les personnages, je les ai presque aimés; 

 

Je n’étais pas loin, parfois, de les aimer, à ces trois femmes. Et j’aurai pu.

Les conditions humaines et matérielles très difficiles dans lesquelles Kamar a fui la Syrie, traversé la méditerranée. L’amour de sa vie disparu. Son combat pour sa fille, et mon cœur de maman qui se serre.

La quête d’Acia, qui cherche quelque chose mais ne sait pas quoi. Qui devrait s’aimer mais ne s’aime pas. Paumée, perdue et qui cherche encore ce qu’elle fait sur Terre.

Nebbe, si mystérieuse et drôle à sa façon.

 

Je sentais, parfois, que je n’étais loin, que j’aurais pu tomber, succomber, être touchée. Sur le fil, quelque part entre l’indifférence et le presque touchée.

Presque. Mais pas vraiment.

 

Et pour mon petit cœur d’artichaut, qui cherche le coup de foudre dans chaque lecture, qui veut aimer, rire, pleurer, crier, être choquée, bousculée et heurtée, alors « presque », ça ne suffit pas.

 

Je ne l’explique pas, il y a des rencontres qui ne se font pas. C’est tout.

 

Ma note: 
Bien
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2024 - Livre 9

LA POULE ET SON CUMIN - Zineb Mekouar

250 pages 

 

 

LE RESUME 

« Les deux enfants finissaient toujours par s’endormir main dans la main, l’une s’approchant trop près du rebord du matelas, l’autre le nez écrasé sur le pied du lit.
Elles restaient ainsi une bonne partie de la nuit – les doigts entremêlés. »

Deux jeunes femmes, deux destins, deux Maroc. Si une forte amitié lie dans l’enfance Kenza et Fatiha, la fille de sa nourrice, la réalité de la société marocaine les rattrape, peu à peu, dans sa sourde cruauté. Elles se retrouvent à Casablanca, fin 2011. Que s’est-il passé entre-temps ?
Quelles trahisons les séparent ? Dans un pays qui punit l’avortement et interdit l’amour hors mariage, comment ces deux fillettes, issues de milieux opposés, ont grandi et sont devenues femmes ?

Par les récits croisés de Kenza et Fatiha, Zineb Mekouar entremêle les destinées de deux héroïnes entre soumission et transgression. Dans cette grande fresque, leurs blessures et leurs drames épousent les clivages politiques et sociaux du Maroc contemporain. Intime et universel.

Ce que j'en pense  

Rapport de force et de domination.

De l’homme sur la femme.

Des « élites » sur les classes populaires,

De la France sur le Maroc.  

De ceux qui ont le pouvoir sur ceux qui ne l’ont pas.

 

Dans ce roman l’autrice nous emmène au Maroc pour suivre deux jeunes femmes issues de deux milieux différents. L'une, Kenza, est la petite-fille de l'ancien gouverneur de Casablanca alors que l'autre, Fatiha, est la fille de la « bonne » au service de la famille. Elles ont grandi comme des sœurs, puis la vie est passée par là.

Le Maroc.

De ce pays, je n’en connais ni les habitants, ni les traditions, ni l’actualité ni l’histoire (ben oui, désolée..). J'en avais une image assez neutre, assez loin. Pas vraiment d’image en fait.

Avec cette lecture, j’ai découvert un Maroc assez loin de ce que j’aurais imaginé, si je l’avais imaginé.

Je ne m’attendais pas à ça.  La description d’un Maroc plein de contraste, entre tradition et modernité. Avec ses riches et ses pauvres. Ceux qui parlent français et ceux qui parlent arabe.  Ceux qui rêvent de partir et ceux qui veulent rester.

 

Les thèmes sont forts et importants. La place des femmes, l’égalité des droits et les relations avec la France, ce pays qui fascine autant qu’il déçoit.

 

Et au milieu de tout ce bazar, en pleine crise identitaire, ces deux femmes qui se demandent où est leur place.

« Est-ce que je peux être autre chose que ce qu’ils ont décidé pour moi ? »

Elles ont du caractère, elles sont indépendantes, elles ont envie.

Oui mais. Mais dans la vraie vie des vrais gens, ça ne suffit pas toujours.

S’émanciper, plus facile à dire qu’à faire.  

Elles luttent avec les armes qu’on leur a données mais - irrémédiablement - elles sont limitées par les chaines qu’elles se trainent.

 

Pour une femme, même dans notre pays, c’est déjà difficile de savoir ce que l’on veut et de s’y autoriser. De se détacher des fardeaux qui ne sont pas les nôtres. De repérer les craintes héritées qui ne nous appartiennent pas. De se défaire des entraves invisibles que des siècles d’histoires ont posées là.

Alors, quand les chaines sont institutionnelles, quand même le droit ne protège pas, quand c’est lui qui enferme. Alors, on fait comment ? 

Très bonne lecture que je recommande. 

 

 

Ma note: 
Très bien
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2024 - Livre 8

LA CONSTELLATION DU CHIEN - Peter Heller

409 pages 

 

 

LE RESUME 

Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Tout. L’art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cowboy chatouilleux de la gâchette.
À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !)

Ce que j'en pense  

 

« À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !) » 

Voilà une 4e de couverture qui résume tout à fait son roman.

 

Ici, le lecteur découvre Hig, neuf ans après qu’un terrible virus ait décimé la quasi-totalité de la population mondiale. Ecrite en 2013, c’est l’histoire presque prophétique d’une pandémie aux symptômes de grippe qui se propage depuis l’Asie.

 

Hig, un anti-héros très héroïque. Un doux rêveur pas assez courageux pour tuer mais assez pour espérer. Espérer, quoi, je ne sais pas, et lui non plus d’ailleurs.  Il manie l’humour noir, il aime pêcher, il aime voler et surtout, plus que tout, il aime Jasper, son chien.

Hig, il aime aussi Bangley, son acolyte sans scrupule et fou de la gâchette. Un commando à lui tout seul, ce Bangley. Mais qu’il aime Bangley, ça, il ne le dira pas. Parce qu’il ne le sait pas encore. Parce  que parfois c’est long de voir ce qu’on a juste sous les yeux.

 

Dans ce roman, même si les évènements sont parfois – très- triste ;

Même si le sujet est noir, que c’est du déjà vu,  déjà lu et presque déjà vécu ;

Même s’il aurait pu m’angoisser ou me fermer ;

Et bien c’est tout le contraire.  

L’auteur est doux et poétique. Il nous présente une ode à la nature, un plaidoyer pour l’humanité et une démonstration de résilience. C’est un apprentissage du contentement, de vivre l’instant présent et trouver le bonheur dans ce qu’on a déjà.

 

 J’ai été très sensible à l’écriture de ce roman qui ne manque pas de singularité (et bravo au traducteur, au passage). Une écriture avec beaucoup de caractère et de personnalité.

Au-delà des mots, même le style nous traduit des émotions.

Il nous traduit le désespoir, la pudeur, la nostalgie.

Et, coincé quelque part entre l’envie de chaleur et le besoin de sécurité, il nous traduit la Peur aussi. La peur des autres, la peur d’être seul.

Alors vient L’envie. L’envie de vivre, l’envie de mourir aussi. Les deux à la fois.

Et puis ce qu’on veut, on n’en sait rien.  

Etre seul mais pas tout seul. Etre mort mais vivre quand même.

 

Très belle lecture.

Je vous le conseille

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - Livre 7

SEUL LE MENSONGE EST VRAI - 

 pages 

 

 

LE RESUME 

Nour Rassol est une jeune femme de 17 ans née au Bénin, dans la peau d'un garçon. Sa transidentité lui vaut la haine et les coups de son entourage. Lorsqu'elle comprend que sa vie est en jeu, Nour décide de fuir. Son objectif : atteindre l'Europe, où elle pourra effectuer une opération de réassignation. Mais le périple vers le nord est long, et semé d'embûches. La jeune femme, qui s'habille et se grime pour faire oublier son corps d'homme, arrive finalement dans le camp de réfugiés de Choucha, à la frontière lybienne.
A l'enregistrement, sa demande d'asile est refusée, son genre non reconnu. La voie légale n'ayant rien donné, Nour s'engage auprès des passeurs cruels qui lui promettent les papiers et le passage en Europe. Elle va devoir se battre pour survivre, et réaliser son rêve de liberté.
Sorcière voleuse d'âmes pour les uns, farouche et frêle victime pour les autres, Nour est simplement une jeune femme qui rêve de pouvoir un jour être elle-même. Forte de sa différence, elle sait qui elle est, et ce qu'elle veut.
Fuir le Bénin, traverser le continent jusqu'à la Libye.
Obtenir des papiers.
Passer coûte que coûte.
Mais le périple vers le Nord est long et les démons guettent. Sur son chemin surgissent des hommes sans foi ni loi. Elle est prête à jouer avec leurs armes, à se faire plus impitoyable que le pire des leurs.
Avant d'atteindre la dernière mer à franchir, elle devra durcir son cœur, endurer la faim, la solitude et l'abandon.. L'espoir n'a pas de prix.
D'une voix de conteur où chaque phrase tombe comme un couperet; Malik Sam retrace l’itinéraire d'une survivant. Ce roman initiatique aussi noir qu'expiatoire ne se lâche pas !

Ce que j'en pense  

 

Percutant.

Dans ce roman, nous suivons Nour et son parcours depuis le Bénin jusqu’au camp de réfugié de Choucha en Tunisie. Parce qu’elle n’est pas née dans le bon corps, le sort qui lui est réservé dans son pays et les horreurs qu’elle a subi l’obligent à tout quitter.

Sauf que l’horreur ne fait que commencer.

La traversée du désert d’abord.

Le camp de réfugié, ensuite.

 

Et là, vraiment, c’est abominable.

A la question de savoir qui gagne à la loi du plus fort, ce sont les passeurs. Dépourvus d’humanité, avare d’argent et de pouvoir, ils traitent les Hommes comme de la vulgaire marchandise. Ils menacent, intimident, frappent, torturent, violent, volent, trahissent, abandonnent.

Et le plus terrible, c’est qu’ils abusent de l’espoir de tous ces hommes et ces femmes dans le camp. Parce que malgré les risques, malgré les conditions terribles des traversées, malgré les naufrages, malgré le coût, malgré la peur. Chez les réfugiés, c’est l’espoir qui fait tenir.

Alors malgré tout, on a besoin de ces passeurs qui utilisent l’espoir comme une arme et exploitent le malheur.   

 

L’espoir. De traverser la méditerranée. S’installer en Europe. Avoir le droit de respirer. Rester entier. Être libre.

Être libre, vaste sujet.

La liberté dont rêve Nour, c’est celle de s’Affirmer, s’Assumer et Revendiquer ;

Quand le droit le lui interdit et que la société la rejette,

Sa féminité, sa sexualité, son orientation sexuelle, son identité, sa singularité.

 

Alors ce livre, évidemment, il est révoltant et effrayant. Mais surtout, il interpelle.

Sur le sort de ces réfugiés d’abord.

Quand on sait le sort qui leur sera réservé à l’arrivée. Quand on sait que l’Europe ne veut pas d’eux. Tristesse infinie.

Mais aussi, ce livre, il interpelle – et rappelle –la chance que nous avons. Ici.

 

Depuis ma cabane au fond des bois et mon espace bien à l’abri du monde qui ne tourne pas rond, j’avais oublié, la chance que j’ai.

Le droit ne m’interdit pas d’être moi.

La société, je peux m’en moquer.

Et moi-même, je m’autorise.

A m’Affirmer, m’Assumer. Revendiquer.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - Livre 6

PARTIE ITALIENNE - Antoine Choplin 

192 pages 

 

 

LE RESUME 

Gaspar est un artiste reconnu et sollicité. Pourtant, en ce début de printemps, il ne rêve que de quitter Paris et s'installer Campo de'Fiori, à Rome. Là, à une terrasse de café, devant un jeu d'échecs, il joue contre des amateurs de passage et savoure la beauté des jours.
Un matin, une femme s'installe à sa table pour une partie. Elle s'avère être une adversaire redoutable et gagne très vite. Elle s'appelle Marya, vient de Hongrie. L'histoire entre eux naît sur l'échiquier, avant de se déployer ailleurs, singulière et douce.
Partie italienne, nouveau roman d'Antoine Choplin, ne défend aucune cause, ne prend aucun parti, excepté celui de la puissance de la Mémoire.

Ce que j'en pense  

 

Ce roman, c’est l’histoire d’une rencontre éphémère et lumineuse.

Une jolie lecture, découverte dans le cadre du prix du meilleur roman Points.

 

Pour une conférence, il vient de Paris.

Pour une raison que l’on va découvrir, elle vient de Hongrie.

Ils se rencontrent, sur une place de Rome, autour d’une partie d’échec.

 

Ils sont sous le charme.

Ils commencent par des échanges autour de leur passion commune, les échecs.

Puis vient le reste. La pluie, le beau temps, leurs histoires et la question de savoir « est-ce que tu sauterais, si je tombais à l’eau ? »

Avec leurs répliques qui fusent, drôles et directes, j’ai suivi leurs discussions comme j’ai suivi leurs parties d’échec. Comme un jeu. Chacun son tour et on s’amuse.  

 

Cette rencontre, cette histoire, elle ne dure que quelques jours.  

A peine débutée qu’elle est déjà terminée.

Comme la lecture du roman, commencée un soir à 20h58, terminé à 22h34.

Comme une partie d’échec.

 

Une brève rencontre, éphémère et lumineuse.

Une belle parenthèse. Douce. Drôle. Facile.

Et quand tout se termine, mon petit cœur d’artichaut veut juste dire « Merci. J’en veux encore ».

 

Ma note: 
Très bien
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2024 - Livre 4

HORN VENAIT LA NUIT - Lola Grubber 

616 pages 

 

 

LE RESUME 

Simon Ungar ne sait pas grand-chose de sa famille paternelle ni de son père, parti refaire sa vie au Canada. Alors quand il se fait licencier et que sa petite amie le quitte, il se dit que c’est l’occasion d’en savoir plus sur ses origines : il part en République tchèque, dans la petite ville d’Olomouc, le berceau des Ungar. Son amateurisme en toutes choses va mener Simon jusqu’à Bratislava puis à Budapest, de train en train, enchaînant les hasards, les rencontres et les coïncidences. Mais le puzzle familial s’avère plus difficile à reconstruire que prévu, entre fausses pistes et pièges tendus…


Ilse Küsser est elle aussi originaire de cette partie de l’Europe, née en Tchécoslovaquie pendant l’entre-deux guerres. L’arrivée de l’armée d’Hitler la prive de ses deux frères, avant que la mort de son père dans un bombardement à Prague et le remariage de sa mère changent la donne. Mais c’est autant un accident de gymnastique qu’une soirée à l’Opéra qui vont décider du destin d’Ilse : dans la Tchécoslovaquie communiste des années 1950, elle sera accessoiriste de théâtre, à Bratislava. C’est là qu’elle tombera folle amoureuse du mystérieux Horn. Jusqu’à ce qu’un jour l’histoire d’Ilse rejoigne celle de Simon.


Que ce soit en invoquant la mémoire juive ashkénaze, les livres de Jules Verne, le clapotis du Danube la nuit ou les banlieues sinistres de Budapest où se terrent des écrivains nobélisables, Lola Gruber nous entraîne dans un formidable roman-enquête mené tambour battant où l’humour côtoie la tragédie, la mort et l’amour à chaque page.

Ce que j'en pense  

 

 Bouleversant - Coup de cœur!

 

"Si l’on pouvait seulement dire à la vie aussi, « Laisse-moi tranquille ! ».. Mais elle revient toujours, elle s’accroche à votre dos comme une hydre et elle.. vous étrangle"

 

De l’Histoire - du voyage - du drame – de la mort - de l’amour - une quête de soi –des âmes qui se cherchent mais ne se trouvent pas. Tout ce que j’adore. Mon petit cœur sensible et moi vous conseillons totalement la découverte de ce roman.

 

~ De quoi ça parle ?

Direction l’Europe centrale. D’abord en Tchécoslovaquie et Hongrie à partir des années 40, nous suivons le personnage d’Isle pendant la guerre puis sous le régime communiste.

En parallèle, il y a Simon, détective amateur et maladroit qui parcourt l’Europe centrale en 2013 à la recherche de son histoire familiale.  J’ai adoré découvrir cette époque de l’histoire de la République Tchèque, Slovaquie et Hongrie, que je ne connaissais pas particulièrement.

Il m’est arrivé de lire plusieurs romans sur l’histoire de l’URSS et du bloc soviétique mais jamais sur ces pays-là spécifiquement. Immersion totale.    

 

Et puis. J’ai été percutée par l’histoire d’Isle, cette jeune femme qui essaie de survivre à la vie. Une vie que j’ai trouvé d’une tristesse infinie - et en même temps tellement belle - troublée par les pertes, par les drames et par un amour si fort et si grand qu’il a définit l’ensemble de son être et de sa trajectoire.

 

C’est fou de se dire qu’un destin tient à si peu. Un jour. Une très brève rencontre. Elle était là, il était là. Horn, un personnage mystérieux, plein de secrets, plein de fêlures. Il manie les mots, raconte des histoires, rien n’est vrai, tout est faux, on ne sait plus.

Alors, c’est un coup de foudre, et toute une vie qui bascule. Cela m’a fait penser à cette phrase de Charles Bukowski  et qui resume ma sensation tout le long de la lecture « Il n'y a pas de vide plus grand que lorsque quelqu'un entre dans votre vie, la chamboule et s'en va. »

 

Bref, lisez-le.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - Livre 3 

 

Le fils du professeur - Luc Chomarat 

288 pages 

 

 

LE RESUME 

« Mes parents, j’avais l’impression de les connaître comme si je les avais faits. Cette jeune femme très nouvelle vague, cinquante de tour de taille, des dents blanches et bien alignées, grande douceur, un peu hébétée, c’était ma maman. L’autre, si grand que la plupart du temps je ne savais pas trop à quoi il ressemblait là-haut, une voix qui descendait d’entre les nuages, c’était le Professeur. Mon papa. »
Dans cette famille se joue l’éternelle aventure de l’enfance. Il y a les combats acharnés contre les copains cow-boys, les stratagèmes habiles pour trouver sa place dans la cour de récré, les questionnements existentiels et les femmes si indéchiffrables. Et pendant ce temps d’autres luttent pour la liberté, tuent des présidents, marchent sur la Lune, mènent une guerre froide…
Des souvenirs vagues de la maternelle aux élans de l’adolescence, Luc Chomarat nous invite à redécouvrir un monde empli de mystères et peuplé d’amis imaginaires. De sa plume impertinente et pleine d’esprit, il propose de cheminer à hauteur d’enfant sur la route faite de rêves et de défis qui mène à l’âge adulte.

Ce que j'en pense  

L’enfance d’un jeune garçon dans les années 60, de son plus jeune âge à la fin de l’adolescence.

C’est l’histoire, assez universelle, d’un enfant – très – sensible et -trop- intelligent, qui cherche sa place. Il cherche sa place au sein de sa propre famille, à l’école, avec les copains, au sport, auprès des filles et dans un monde qu’il ne comprend pas toujours.

Mais sa place, il ne la trouve pas vraiment. De ce monde qu’il ne comprend pas toujours, de l’école, des copains, des filles, du sport, de sa famille, il en reste à l’écart.  

L’écriture est fluide, facile, directe et souvent drôle.

Le sujet aurait pu me toucher, la lecture était agréable, mais la rencontre ne s’est pas faite. J’ai assisté à la vie de ce petit garçon en spectatrice, sans jamais trop réussir à me sentir concernée.

Je n’ai pas d’explication particulière, ce n’était surement pas le moment pour cette lecture, sans compter que je l’ai lu en même temps que le roman historique d’Hilary Mantel « Le conseiller » consacré à la dynastie des Tudors. « Le fils du professeur » a peut-être souffert de la différence entre les deux intensités de lecture.  

En lisant plusieurs romans en même temps, on passe peut-être à côté de certains.. ou alors rien à voir. Je ne sais pas. Parfois il y a des rencontres qui ne se font juste pas.

Une lecture agréable tout de même. 

 

Ma note: 
Bien
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2024 - Livre 1

 

Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même 

Lise Bourbeau 

 

 

LE RESUME 

Le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice : cinq blessures fondamentales à l'origine de nos maux qu'ils soient physiques, émotionnels ou mentaux.
Lise Bourbeau, grâce à une description très détaillée de ces blessures, nous mène vers la voie de la guérison. Car de la compréhension de ces mécanismes dépend le véritable épanouissement, celui qui nous conduit à être enfin nous-même.
Un guide simple et pratique pour transformer tous nos petits problèmes quotidiens en tremplin pour grandir.

Ce que j'en pense  

Un livre de développement personnel pour commencer l’année, avec les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau.

Alors que je ne connaissais pas du tout ce livre et que je ne lis pas particulièrement ce genre d’ouvrage, j’en ai entendu parler deux fois dans une même journée de décembre. Je me suis dit « c’est un signe », je vais l’acheter.

Dans ce livre, l’autrice nous décrit les 5 grandes blessures de base vécues par l’être humain et les masques, les comportements que nous créons pour nous en protéger.  Ces masques nous éloignent de notre vraie « nous ». En travaillant sur la guérison de ces blessures, nous pourrons voir les masques diminuer et se reconnecter à notre véritable être intérieur.

Le livre nous présente donc les 5 blessures : rejet, abandon, humiliation, trahison et injustice – et les 5 masques associés : fuyant, dépendant, masochiste, contrôlant et rigide.  J’ai trouvé l’analyse de ces caractères et blessures vraiment très intéressante, surtout (évidemment) celle dans laquelle je me suis totalement retrouvée. Lise Bourbeau va à l’origine de certains comportements pour en chercher les causes et donc le moyen de passer au-delà. J’ai l’impression d’avoir compris des choses sur moi et certains mécanismes.  Et en même temps, je m’interroge sur d’autres points qu’elle a soulevés..    

Je préfère prévenir que le livre n’est peut-être pas adapté à tous. Il suppose quand même une adhésion, ou du moins une ouverture à certains concepts, et notamment la réincarnation. En effet, les théories de l’autrice reposent sur le fait que chacune de ces blessures découle d’une accumulation d’expériences échelonnées sur plusieurs vies passées - blessures qui n’ont pas été soignées lors de ces vies antérieures.

Que l’on y croit ou pas, l’analyse des comportements reste très intéressante, chacun peut prendre dans ce livre ce qu’il y trouve d’utile, et laisser le reste.  

 

Ma note: 
Très intéressant
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2024 - Livre 2

 

Le conseiller

Hilary Mantel 

943 pages

LE RESUME 

Dans la lignée des Tudor, le premier roman événement d'une trilogie qui a enflammé l'Europe et Les Etats-Unis. Les fans de roman historique vont hurler de plaisir !

Angleterre, 1520. Règne des Tudors. Le roi Henri VIII n'a pas de fils pour lui succéder. Situation préoccupante qui pourrait entrainer le pays sur le chemin de la guerre civile. Aussi décide-t-il de divorcer de Catherine d'Aragon, avec qui il est marié depuis plus de 20 ans pour épouser Anne Boleyn, dont il est tombé amoureux. Son conseiller, le cardinal Wolsey échouant à obtenir l'accord du pape, un jeune homme plein de fougue et de ressources va peu à peu entrer dans les bonnes grâces du roi et l'aider à vaincre l'opposition. Son nom : Thomas Cromwell. Ambitieux, idéaliste et opportuniste à la fois, fin politicien et manipulateur né, celui-ci est au début d'une carrière qui va modifier profondément et durablement le visage du royaume.

Avec Dans l'ombre des Tudors, vainqueur du Booker Prize et salué dans le monde entier par une critique unanime, Hilary Mantel nous propose un fabuleux voyage au cœur d'une société en plein bouleversement. Prenant pour sujet l'une de ces périodes clés de notre civilisation où l'histoire, la politique, les passions et les destinées individuelles se confondent, elle nous livre un portrait sans précédent de la maison Tudor.

Ce que j'en pense  

Waouh.. du très lourd pour mon premier roman de l’année.  

943 pages d’un récit hyper dense et captivant, du lourd au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans ce premier roman d’une trilogie consacrée à Henri 8, l’autrice nous emmène en Angleterre des années 1528 à 1533, en pleine crise politique et religieuse.

L’histoire vraie de ce roi qui a souhaité divorcer de la reine Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn, dont il est tombé amoureux. Sauf que voilà ; à l’époque et dans ce contexte, le divorce n’est pas franchement autorisé.

 

Apparait alors Thomas Cromwell, un homme du peuple qui monte les strates sociales grâce à son intelligence, sa loyauté et ses manigances. Il devient, petit à petit, le conseiller du roi.

Le héros du roman, c’est lui. Le conseiller.

Un personnage fascinant, captivant et carrément brillant. Il se dégage de lui quelque chose de très « attirant », un peu comme un aimant. J’ai adoré suivre son évolution et j’ai vraiment hâte de poursuivre le chemin avec lui dans les deux prochains romans.

 

Bon par contre il faut le dire, cette lecture est vraiment très exigeante. Je pense qu’elle n’est pas forcément accessible ni faite pour tout le monde.  Le récit est très complexe avec énormément de personnage, beaucoup beaucoup d’informations et de contexte historique, et surtout une écriture très particulière qui ne facilite pas l’assimilation de toutes les informations.

 

Entre les dialogues pêle-mêle en plein du milieu du récit, des allers-retours dans le temps sans prévenir. On passe, dans le même paragraphe, d’une époque à une autre. D’une description à un dialogue, à des pensées. Tout est mélangé, et franchement, il faut suivre !

Alors que je perds la moitié de mes neurones après 20h, il m’a fallu un niveau de concentration maximum ! Ce n’est clairement pas un livre léger que l’on lit pour passer le temps et s’aérer l’esprit.

 

Après avoir passé le cap des 300 premières pages assez laborieuses, que je me suis adapté à ce milieu hostile, le roman est devenu addictif et captivant. L’immersion est totale.

 

Bref, j’ai adoré.

 

Ma note: 
Très bien! 
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2023 - Livre 39

 

FEU 

Maria Pourchet 

264 pages

Lu dans le cadre du prix des lecteurs du livre de Poche 

LE RESUME 

Laure, prof d’université, est mariée, mère de deux filles et propriétaire d’un pavillon. À 40 ans, il lui semble être la somme, non pas de ses désirs, mais de l’effort et du compromis.
Clément, célibataire, 50 ans, s’ennuie dans la finance, au sommet d’une tour vitrée, lassé de la vue qu’elle offre autant que de YouPorn.
Laure envie, quand elle devrait s’en inquiéter, l’incandescence et la rage militante qui habitent sa fille aînée, Véra.
Clément n’envie personne, sinon son chien.
De la vie, elle attend la surprise. Il attend qu’elle finisse.
Ils vont être l’un pour l’autre un choc nécessaire.
Saisis par la passion et ses menaces, ils tentent de se débarrasser l'un de l'autre en assouvissant le désir… Convaincus qu’il se dompte.
 
Dans une langue nerveuse et acérée, Maria Pourchet nous offre un roman vif, puissant et drôle sur l'amour, cette affaire effroyablement plus sérieuse et plus dangereuse qu’on ne le croit.

Ce que j'en pense  

Roman incisif, cru et cynique. 

J'ai détesté les personnages.

Clément égocentrique et méprisable. 

Laure complètement perdue. 

J'ai détesté leur relation. 

J'ai trouvé le roman sombre et déprimant. J'ai ressenti beaucoup d'émotions très négatives. 

Pour autant, le roman est l'un de ceux qui m'a le plus bousculée de toute la sélection.

Au final, c'est aussi l'un de ceux dont je me souviendrai le plus.  

 

Ma note: 
Déconcertant 
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2023 - Livre 56

 

DE NOUVEAUX ENDROITS 

Lucile Génin

264 pages

Lu dans le cadre du prix du meilleur roman Points 

LE RESUME 

"Dans le miroir, une grande fille blonde et gracile, une fille tout étirée en muscles. Une fille aux yeux bleus translucides, si clairs qu’ils donnent toujours l’impression qu’elle ne regarde jamais vraiment ses interlocuteurs en face. Souvent, elle s’assoit sur le rebord de son velux et elle contemple le ciel pendant des heures, en se demandant comment c’est d’être adulte, comment c’est d’être libre, comment c’est d’être ailleurs.
Cette fille, c’était moi."


Au sortir de l’adolescence, Mathilde, enfant d’un couple séparé, peine à trouver sa voie, entre ses désirs, ses idéaux et les pièges qu’on lui tend. Elle s’en va à l’autre bout du monde, désireuse de comprendre qui est sa mère : Anne, alcoolique à peine désintoxiquée. Pourtant là-bas, en Colombie-Britannique, les réponses apportées ne sont pas toujours celles qu’elle croyait chercher. Et au-delà de l’énigme maternelle, il lui reste surtout à réaliser ses propres rêves, trop longtemps étouffés par la violence et les illusions.
Acuité du regard, ironie désabusée, découverte des blessures de l’existence et des accommodements avec la réalité, un premier roman d’une insolence salutaire.

Ce que j'en pense  

Un roman que j’ai adoré, sûrement parce que j’y ai retrouvé beaucoup de moi et de mon histoire. Il y a des scènes, des évènements et des émotions que j’ai très bien reconnus. Cette lecture, ce personnage, c’était comme un miroir vers une version plus jeune de moi-même.

Parce qu’avec Mathilde, 18 ans dans le roman, je partage bien plus qu’une date d’anniversaire (13 mars, au passage).  

 

Alors allons-y. Dans ce roman il est question des relations mères-filles, du passage à l’âge adulte, d’un trop plein d’émotion dont on ne sait pas quoi faire, de la peur, du rejet, de l’amour, de la haine, pour les autres, envers soi-même.

Moi, j’ai une mère, deux grands-mères et deux filles. Alors les relations mères filles, évidemment que ça me parle. Avec tout ce qu’il peut y avoir de complexe, de doux, de rassurant, d’agaçant, de perturbant et d’énervant – Je connais, le poids des blessures héritées, celles qu’on n’a pas choisi de recevoir et qu’on ne veut pas transmettre à son tour - le poids des personnes en souffrance qui nous volent chaque jour un peu plus de nous-même.

 

Mathilde va devoir comprendre que les mères sont des femmes avant d’être mères, avec leur passé, leurs histoires, leurs névroses et leurs défaillances. Comprendre que ni le passé ni le présent de cette mère ne lui appartient, accepter qu’elle ne peut pas la sauver d’elle-même, que ses peurs ne lui appartiennent pas, qu’elle a le droit d’être heureuse quand même.

 

J’ai aussi été sensible à l’écriture et au rythme du roman. C’était fluide, vivant, sensible et crédible.

 

Très touchée, donc.

Une belle lecture que je conseille à tous ceux que le sujet intéresserait.

 

Ma note: 
Très bien 
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2023 - Livre 54

 

A L'EST D'EDEN 

John Steinbecq 

790 pages

LE RESUME 

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d'Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron.
En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l'auteur nous raconte l'histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.
Pour cette œuvre généreuse et attachante, John Steinbeck a reçu le prix Nobel de littérature.

Ce que j'en pense  

15 jours pour lire 790 pages d’un chef d’œuvre très dense, sur un exemplaire vieillissant à l’odeur de poussière et aux pages oranges dont (vu la typographie) on pourrait penser qu’elles sortent tout droit d’une machine à écrire.

Une expérience intéressante.

Ce roman - une fresque dense et fascinante publié en 1952 qui a valu à son auteur le prix Nobel de littérature - retrace l’histoire de deux familles dans la vallée de Salinas en Californie au début du 20e siècle.

Sur plusieurs générations, le lecteur suit les relations entre les frères de la famille Trask, d’abord Charles et Adam, puis Caleb et Aron, les fils d’Adam. Les relations, jalousie et rivalités fraternelles sont au cœur de ce roman. Le titre fait d’ailleurs référence à l'épisode de la Bible dans lequel Caïn fuit à "l'est d'Eden" après avoir tué son frère Abel par jalousie. D’une certaine façon, cet épisode biblique est transposé dans le roman à travers l’histoire de ces deux générations de frères.  

J’ai trouvé ce roman extrêmement dense. L’auteur nous propose une vision très fine et subtile de la nature humaine mais aussi des relations et des rapports entre individus. Il y est question évidemment de la jalousie, mais aussi de la colère, de la vengeance, de l’amour entre frères, entre parents et enfants, de la culpabilité, du pardon, du besoin de reconnaissance et d’amour, de l’acception et de l’autodestruction. Il y a énormément de description et chaque mot compte. La façon dont l’auteur décortique l’âme humaine rend le roman très touchant et authentique. Chacun pourra y retrouver une partie de lui-même. Ce n’est clairement pas un roman qui est lu à la légère pour passer le temps.

Les personnages sont très marquants avec des personnalités très fortes. Il y a les frères de la famille Trask mais aussi tous les personnages qui gravitent autour. Il y a notamment ces trois personnages essentiels ; Samuel Hamilton (le voisin fort, généreux et altruiste), Lee, (le serviteur sage et donneur de leçon, tellement génial), et Cathy (l’épouse folle furieuse, que j’ai adoré détester).

Le message final du roman est très optimiste malgré les thèmes un noirs qui y sont évoqués.

 

Il y a en effet un chapitre du roman consacré à l’extrait de la bible qui relate le destin de Cain et Abel. Dans ce chapitre, Lee, le serviteur chinois de la famille Trask, nous explique qu’il a longuement réflchi et étudié les traductions et signification de cet extrait. le "Timshel" de la Bible veut dire "tu peux" te délivrer du mal et non "tu dois" ou "tu devras".

Ce mot hébreux tiendra une place importante dans le livre, jusqu’à sa toute fin. L’auteur nous explique que tout repose sur la volonté de l'homme qui peut se délivrer de ses chaînes. Le libre arbitre, l’indépendance, la libre pensée sont essentiels à l’Homme.

Timshel, tu peux ..

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 55

 

LES EFFINGER

Gabriele Tergit

943 pages

LE RESUME 

Les dernières années du xixe siècle offrent de nombreuses opportunités aux ambitieux, dans une Allemagne unifiée et triomphante. Paul Effinger, fils d’horloger, fait partie de ceux qui saisissent leur chance. Il quitte la province allemande pour chercher fortune à Berlin, se lance dans l’industrie. Une alliance est nouée avec une autre famille, les Oppner, et le succès est au rendez-vous.

On mène grand train, on traverse même la Grande Guerre sans trop de mal et fort d’un patriotisme assuré. Puis viennent les années folles, dans une capitale allemande plus cosmopolite que jamais. Mais derrière les apparences, l’antisémitisme progresse et menace…

Quatre générations des Effinger et de leurs alliés sont ainsi évoquées, dans un roman-fleuve qui plonge le lecteur au coeur d’un monde disparu, entre 1870 et 1948. Les divisions qui ont déchiré la nation allemande et précipité toute l’Europe vers l’horreur sont incarnées dans une galerie de personnages inoubliables. L

e talent de Gabriele Tergit, le rythme rapide des chapitres et la vivacité des portraits rendent cette histoire de famille épique absolument irrésistible.

La découverte d’un roman majeur de la littérature européenne.

Ce que j'en pense  

 

Chronique d’un monde disparu qui retrace l’histoire d’une famille juive allemande sur 4 générations, de 1878 à 1948.

 

L’autrice, qui a écrit ce roman dans les années 30 et 40 alors qu’elle avait elle-même fuit l’Allemagne nasi, nous raconte ici l’histoire d’une famille bourgeoise en pleine période de l’industrialisation allemande, puis de la guerre qui arrive et qui s’installe.  

 

Au départ, le roman est surtout une saga familiale avec de nombreux personnages au caractère bien trempés et des relations complexes qui illustrent des représentations finalement assez intemporelles (une jeune génération pleine de conviction et d’aspiration, et une autre plus ancienne, installée dans des traditions et un mode de vie bien ancré). Dans une période en pleine transition, entre progressisme, modernité et esprit conservatoire, les débats sont nombreux dans cette famille.

Au fur et à mesure des pages, avec l’arrivée de la guerre, le roman devient de plus en plus sombre et politique.

 

Je regrette de ne pas avoir réussi à m’attacher aux personnages que j’ai trouvé trop nombreux (j’ai mis du temps à repérer qui est qui), et pas particulièrement attachants. Comme je suis un petit cœur sensible et que mon intérêt pour les romans passe toujours par mon attachement et ma relation aux personnages, je n’ai pas été « émotionnellement » embarquée.

 

Pour autant, ces personnages sont très intéressants à observer et analyser. Ils semblent caractéristiques de leur époque et l’autrice nous raconte leur mode de vie de façon très réaliste. J’ai beaucoup aimé cette immersion dans un monde que je savais être déjà condamné. Les descriptions sont très réussies et l’on imagine facilement les scènes qui se déroulent dans ces maisons bourgeoises.

Le roman aurait été plus court je l'aurait lu en entier malgré que je n'ai pas été embarquée, mais au vu de ces 900 pages, je n'ai pas insisté et je me suis arrêtée à la page 300. 

 

Ma note: 
ABANDON

 

 

 

2023 - Livre 53

AZIYADE

PIERRE LOTI 

264 pages

LE RESUME 

1876. Un jeune officier de marine, Julien Viaud, futur Pierre Loti, débarque à Salonique et s'éprend passionnément d'une jeune femme recluse dans un harem. Aziyadé, du nom de la belle odalisque, retrace leur liaison amoureuse secrète, née au milieu des parfums et des mystères de l'Orient. Mais rappelé au pays, le jeune lieutenant est contraint d'abandonner sa bien-aimée...

Dix ans plus tard, Fantôme d'Orient ramène Loti sur les traces de l'amour de sa vie. De retour à Constantinople, il y découvre le tragique destin d'Aziyadé.

La Petite suite mourante... marque la fin de la quête. Pendant des années, le marin continue de se rendre sur les terres d'Orient. Un rituel où le survivant donne rendez-vous aux fantômes de sa vie passée.

Ce que j'en pense  

« Aziyadé » écrit par Pierre Loti offre une exploration intéressante de l’amour interculturel et de l’exotisme oriental. La prose de l’auteur, lyrique par moments, essaie de capturer l’atmosphère d’Istanbul et de l’empire ottoman de la fin du XIXe siècle, plongeant le lecteur dans un monde à la fois intrigant et mystérieux.

 

L’histoire d’amour entre Loti et Aziyadé, marquée par la passion et la mélancolie, est racontée avec une certaine intensité émotionnelle, visant à toucher le lecteur.

Cette intensité reste très relative dans la mesure où les sentiments de Loti semblent plus flous et superficiels que ceux d’Aziyadé. Il émane d’elle une détresse très touchante qui rend le personnage de Loti peu sympathique dans sa façon de prendre leur séparation et leur relation à la légère. Le personnage masculin apparait comme plus puissant et supérieur au personnage féminin, finalement une conquête comme une autre.

Aziyadé n’a pas de véritable personnalité en dehors de son amour pour Loti, ce qui donne une image de la femme et de la relation homme-femme plutôt déplaisante. Le roman reflète le courant orientaliste de son époque avec une tendance à idéaliser l’orient. Cette approche peut être vue comme une limitation dans la représentation culturelle du roman.

 

Malgré cela, il offre une perspective historique intéressante sur les perceptions et fascinations de l’époque. Malgré ses teintes orientalistes qui peuvent parfois limiter sa portée, le livre reste un document d’époque précieux et fournit une expérience littéraire notable. Globalement, Aziyadé, est une lecture parfois ennuyeuse, parfois engageante qui combine romance et observations ethnographique. En effet, le format du roman, entre journal, carnet de voyage et correspondance, propose un style narratif bien ancré dans le 19e, style qui a relativement mal vieilli et qui, même s’il n’est pas désagréable à lire, en fait une lecture souvent ennuyeuse.

 

Le roman mérite un 3 sur 5 apprécié pour son style narratif et ses riches descriptions, mais diminué par ses représentations parfois stéréotypées et quelques longueurs inutiles.

 

Ma note: 
Ennuyeux
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2023 - Livre 52

LA RELIGION

TIM WILLOCKS

864 pages

LE RESUME 

" La Religion ", c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. À un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un ancien janissaire qui a connu les deux camps. Pour les beaux yeux de la comtesse Carla La Penautier, le trafiquant d'armes et d'opium embarque pour l'enfer...

Ce que j'en pense  

Pour une immersion au 16e siècle en pleine guerre entre empire ottoman et chevaliers catholiques, c’est par ici.  Le roman n’a rien de fleuri ni lumineux. Non, ici, c’est la guerre. Ames sensibles s’abstenir.  

900 pages de combats, de politique, de machination, d’ambition, de pouvoir, d’amour, de sexe et trahisons… impossible de rester insensible. C’est très fort et épique.

 

C’est après quelques jours de vacances à Malte au printemps dernier que j’ai eu envie de me plonger dans l’histoire de cette petite ile méditerranéenne. J’ai découvert ce roman, trouvé quelques copains, et commencé la lecture.

 

Dans la Religion, il n’y a pas de demi-mesure. C’est violent, sanguinaire, cruel et brutal (oui oui, tout ça). Les scènes de guerre (omniprésentes) sont très détaillées et visuelles.  Même si cela ne m’a pas dérangé au départ, il est arrivé un moment où tous ces massacres ont pesé sur mon moral.

 

Les 200 dernières pages mémorables, que mon petit cœur sensible a trouvé légèrement trop violente et terrifiante, mais en même temps carrément addictive. Je sais sans aucun doute que je me rappellerai ce roman

Bon et sinon, à part la guerre, de quoi ça parle ? (Parce que dit comme ça, je ne vous donne peut-être pas très envie)

 

Malte, 1565 l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui se fait appeler « La Religion », attend (et subit) l'invasion des Turcs.

 

Au centre de ce chaos, nous suivons Matthias Tanhauser, intrépide héros sans allégeance véritable. Allemand d'origine chrétienne, recueilli par les turcs alors qu’il était enfant, il a évolué de janissaire du sultan à trafiquant d'armes et contrebandier, pour au final se faire appeler à la rescousse par les chevaliers catholiques. C'est sans le vouloir réellement qu'il se trouve sur l'ile de Malte, au centre d'un énorme chaos.

 

Même si ce personnage est un peu trop fort, parfois à la limite du cliché, et au centre d’un triangle amoureux dont je n’ai toujours pas compris l’intérêt, il tient le lecteur en haleine tout le long du roman, et on l’adore !

 

Une super lecture !

 

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 51

LE HOBBIT

J.R.R TOLKIEN

264 pages

LE RESUME 

Premier récit publié par J.R.R. Tolkien, en 1937, cette histoire, inventée par l’auteur pour ses propres enfants, rapporte les aventures de Bilbo, un jeune Hobbit, héros malgré lui lancé en quête d’un trésor gardé par un dragon, en compagnie de Nains et du magicien Gandalf.

 

Bien que destiné initialement à la jeunesse, ce texte a également enchanté des générations de lecteurs adultes, par son suspense, ses coups de théâtre, son humour, sa poésie… mais aussi parce qu’il introduit le lecteur dans un monde inventé par Tolkien, la Terre du Milieu, qui sert de décor à la plupart de ses récits (dont Le Seigneur des Anneaux) ; et parce qu’il présente des personnages appelés à connaître une grande postérité, dont les Hobbits, Gandalf et… l’Anneau.

Ce que j'en pense  

Première lecture de Tolkien pour moi, avec cette nouvelle (et trop belle) édition chez Pocket.

 

Evidemment, comme presque tout le monde, j’ai vu les films. Cela dit, l’univers est assez éloigné de mon genre de lecture habituelle, je ne m’étais jamais lancé dans les romans.

Après une légère tentative de lecture du Silmarillion (soldée par un lamentable échec après seulement 50 pages) J’ai suivi les conseils avisés de certains d’entre vous et j’ai commencé ma découverte de l’auteur par ce roman.

2 salles 2 ambiances, vraiment rien à voir. Le ton du roman est très léger, accessible et idéal pour des enfants ou jeunes adolescents.

 

Si je l’ai bien aimé aujourd’hui, je pense que je l’aurais vraiment adoré en le lisant plus jeune. Nous suivons ici les aventures de Bilbo le Hobbit, Gandalf le magicien et des treize nains à la reconquête d’un énorme trésor, précieusement gardé par Smaug le dragon. C’est parti pour une quête magique semée d’embuche et d’aventures, au cours de laquelle Bilbo et ses compagnons devront se confronter à des créatures magiques parfois hostiles (des trolls, géants, gobelins, araignées, loups, elfes sylvains…) Parfois amicales (elfes, aigles …)

Lecture agréable, parfaite pour entrer dans cet univers très riche et avant de ire (peut-être), le seigneur des anneaux. 

 

Ma note: 
Très bien 
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2023 - Livre 50

 

LIV MARIA

Julia Kerninon 

234 pages

LE RESUME 

Liv Maria est la fille d’une insulaire bretonne taiseuse, et d’un norvégien aimant lui raconter les histoires de ses romanciers préférés. Entourée de l’amour de ses parents et de ses oncles elle a vécu sur l’ile natale de sa mère dans un milieu protégé avec une douce quiétude et une certaine liberté jusqu’à « l’événement » qui lui fera quitter le cocon familial. Arrivée à Berlin comme jeune fille au pair, elle va vivre une histoire d’amour forte qui se terminera contre sa volonté. Simultanément un deuil familial l’amènera à voyager, à grandir et à rencontrer un deuxième amour sincère. Mais aura-t-elle le droit ou se donnera-t-elle le droit de le vivre vraiment ?

Ce que j'en pense  

Roman lu en un après-midi,

Liv maria vit une enfance heureuse et solitaire sur une ile bretonne jusqu'à l’année de ses 17 ans lorsqu’un évènement l’emmène à s’en éloigner.  Elle part vivre à Berlin chez des oncles et tantes où elle découvrira l’amour, les langues et le pouvoir des mots.

Le temps passe. Après avoir beaucoup voyagé, être partie, revenue, repartie, avoir souffert, aimé, s’être cherchée, elle rencontre un homme. Le bon, si on peut dire. Un homme stable, équilibré, avec qui elle peut envisager, enfin, de se poser. Elle se marie, fonde une famille.

Et alors que Liv Maria mène désormais une vie plus « classique », ses souvenirs refont surface, son passé, comme un boomerang, lui revient tous les jours en mémoire.  Liv Maria a un secret, des mots qu’elle choisit d’abord de taire, puis qui l’enferment. Quand elle voudrait parler il est trop tard. Un roman qui nous rappelle que même les gens qui nous aiment ne nous connaissent et ne nous comprennent pas toujours. L’inverse est aussi vrai. Chacun sa vie secrète.

Tragédie moderne, roman initiatique et d’apprentissage d’une femme qui se cherche, qui cherche la liberté, à s’émanciper d’un passé, qui pourtant ne disparaitra jamais.

« Je suis mère, je suis menteuse, je suis une fugitive, et je suis libre ». Il est question de la façon d’accepter les différentes identités que l’on endosse dans la vie, d’apprendre à les concilier et de comprendre que nous  sommes la sommes de ces identités.  Comprendre que son destin ne se termine pas en devenant mère, en trouvant l’amour, en voyageant, mais qu’il se construit tous les jours, avec toutes les façons que l'on a d’être soi-même.

Quand je l’ai refermé, ce roman m’a laissé une sensation bizarre dans l’estomac. Une émotion qui ne m’a pas quittée de la soirée sans que je sache trop quoi en penser.

J’ai été très touchée par cette histoire finalement assez « normale ».  Une femme « normale », qui cherche sa place et à concilier tous ses rôles ; vis-à-vis de ses parents, de son époux, de ses enfants, en restant fidèle à elle-même et sans perdre la liberté qu’elle chérit tant.

Comment être cette mère, cette épouse, cette fille, sans jamais perdre la femme. Banal, mais tellement vrai, et écrit avec beaucoup de sincérité, avec des mots qui touchent et qui éclairent.  

Si son mari ne l’a jamais compris, moi j’ai l’impression de la connaitre, et qu’elle me connait aussi.

Je conseille! 

 

Ma note: 
Très bien 
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2023 - Livre 49

 

VINGT ANS APRES

Alexandre Dumas

864 pages

LE RESUME 

Le lecteur des Trois Mousquetaires retrouvera dans Vingt Ans après ses héros favoris : Athos, Porthos, Aramis, ainsi que le gai, lucide et subtil d'Artagnan. La Fronde et la Révolution d'Angleterre servent de cadre à leurs exploits, qui les mettent aux prises avec Mazarin et avec Cromwell. Roman historique ou roman de cape et d'épée ?

Avec Le Vicomte de Bragelonne, la trilogie des Mousquetaires concilie heureusement les exigences des deux genres. La présente édition, annotée avec soin, souligne la dette de Dumas envers les mémorialistes et les historiens et atteste la solidité de son information. Sur des données authentiques, qu'il redistribue à sa guise, le narrateur brode un récit plein d'incroyables péripéties, dont la structure et les thèmes sont ceux de l'épopée et du conte, mais qu'il assaisonne d'humour.

Venant à la suite des Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, moins simple, moins romanesque aussi, s'en distingue par une peinture plus diversifiée de la société, une psychologie plus nuancée, une morale plus désenchantée. C'est dire la pluralité de lectures possibles, et que chacun y trouvera son plaisir.

Ce que j'en pense  

Vingt ans après, ou la suite des trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (livre 45 lu il y a quelques semaines). 

Un régal.

La 4e de couverture nous dit « Le narrateur brode un récit plein d'incroyables péripéties (..) et qu’il assaisonne d'humour. Venant à la suite des Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, moins simple, moins romanesque aussi, s'en distingue par une peinture plus diversifiée de la société, une psychologie plus nuancée, une morale plus désenchantée. ». 

Et c'est totalement vrai!! 

Ce que j’ai aimé ;

* Comme dans les trois mousquetaires, beaucoup d’aventures, de complots, de politiques, de trahison et d’amour, le tout avec beaucoup d’humour et des mises en scènes très théâtrales.

* Mieux que dans les trois mousquetaires, plus de profondeur dans les personnages et dans leurs relations et un contexte historique-politique vraiment très riche et instructif (dans ma version annotée du livre de poche en tout cas). Le roman nous plonge en 1648 en pleine fronde pendant la régence d'Anne d'Autriche et le ministère du cardinal Mazarin, fascinant !

Nos quatre impertinents mousquetaires sont toujours au rendez-vous, toujours plus drôles, toujours plus touchants, toujours plus intrépides. De vrais gentilhommes à la moralité plus ou moins acérée, et on y découvre un D’Artagnan rusé et stratège, en vrai meneur de cette petite troupe.

Et pour citer Pierre, mon camarade de lecture pour ce roman « ce serait du pinaillage que d’aller chercher du négatif ».

Bref, ne soyez pas effrayés par ses presque 1000 pages (j’ai dit presque) ; et laissez-vous tenter.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 48

 

LA SAGA DES VIKINGS TOME 1 - Ragnvald et le loup d'or 

Linnéa Hartsuyker

684 pages

LE RESUME 

Norvège, IXe siècle après J.-C. Depuis que son père est mort, Ragnvald n'a qu'une hâte : atteindre la maturité pour pouvoir enfin gouverner les terres qui lui reviennent, placées sous l'égide de son beau-père, le cruel Olaf. Aussi, quand il échappe à une tentative d'assassinat, Ragnvald devine que c'est Olaf qui est à la manœuvre.

Obtenir justice n'est pas chose aisée en pays viking, où des centaines de petits rois se disputent un lambeau de territoire, mais Ragnvald est prêt à mourir pour sauver son honneur. Quant à sa petite sœur, l'impétueuse Svanhild, elle serait capable de prendre les armes pour lui venir en aide. Jusqu'au jour où elle croise le chemin du beau Solvi, l'ennemi juré de son frère... Tandis que Ragnvald choisit de rejoindre les troupes du jeune Harald, guerrier prodige incarné dans le monde des rêves par un loup à la crinière d'or, Svanhild sera confrontée au pire des dilemmes : la famille ou la liberté.


Puisant dans un des textes fondateurs de la littérature subarctique, Linnea Hartsuyker raconte l'histoire d'un personnage historique, Ragnvald de Møre, bras droit du premier roi de Norvège, et éclaire les phénomènes à l'origine de ces royaumes scandinaves formés par la mosaïque de terre au nord des mers d'Écosse. Mais ce sont surtout les destins contrariés d'un frère et d'une sœur épris d'idéal que bâtit le premier tome de cette épopée foisonnante d'héroïsme, d'aventure et de sentiments à vif, à placer entre les mains de tous les amateurs d'Outlander ou de Game of Thrones.

Ce que j'en pense  

Premier tome d'une trilogie qui se déroule en Norvège au 9e siècle, ce roman raconte l’histoire de Ragnvald et sa sœur Svanhild.

Alors qu’un jeune roi tente d’unifier la Norvège, entre politique, manipulation, guerres et trahisons, Ragnvald et Svanhild se retrouvent impliqués et en première ligne des évènements historiques.

Nous suivons plusieurs familles et plusieurs prétendants au trône dans leur quête du pouvoir et de la richesse. Quand il s’agira de choisir son allégeance, Ragnvald et Svanhild se retrouveront dans des camps opposés. Le roman alterne les chapitres entre l’un et l’autre, et j’ai clairement préféré le personnage de Svanhild et les intrigues qui lui sont consacrées. C’est un personnage féminin fort et plein de convictions, sans entrer dans la caricature.

Moi qui suis une fan des romans historiques d’aventures, j’espérais trouver ici tout ce que j’adore. Bon ben disons-le honnêtement, le roman m’a laissée quelque peu insensible.

J’ai eu beaucoup de difficulté à m’attacher à Rangvald, non pas qu’il me paraissait antipathique, mais seulement très (trop) fade. Fade, comme les intrigues, les guerres, les manigances. Il est écrit sur la 4e de couverture « de quoi attirer les amateurs de la série Game of trones », mais franchement je ne vois pas le rapport, rien à voir. Les personnages sont un peu trop simples et finalement assez loin de l’attente que j’avais d’y trouver des barbares assoiffés de sang ! Les guerres et les batailles sont vite expédiés, et même l’aspect politique reste très simple.

La 2e partie du roman est plus rythmée et je l’y ai pris plus de plaisir. J’ai aussi quand même bien aimé me plonger cet univers de viking sur lequel je ne lis jamais et je ne connais pas grand-chose.

Lecture assez mitigée donc, et je ne pense pas que je lirai les autres tomes. Par contre l’univers m’intéresse et je me lancerai peut-être dans une autre saga ou autre roman sur le sujet.

 

Ma note: 
Ennuyeux
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2023 - Livre 47

 

ILS VIVENT LA NUIT 

Denis Lehane

544 pages

LE RESUME 

Boston 1926. En pleine Prohibition, l’alcool coule à flots dans les speakeasies et Joe, le plus jeune fils du commissaire adjoint Thomas Coughlin, est bien décidé à se faire une place au sein de la pègre. Il commence par braquer un bar clandestin appartenant à un caïd local et, surtout, commet l'erreur de séduire sa maîtresse. La vengeance ne se fait pas attendre et Joe se retrouve derrière les barreaux. C'est là qu'un vieux parrain, Maso Pescatore, se charge de son "éducation" et que la carrière de Joe va prendre son essor. De la Floride à Cuba, Joe fait son chemin, pavé d'embûches, de luttes et de trahisons, parmi ceux qui "vivent la nuit". Mais au détour du chemin l'attend aussi une grande histoire d'amour ...
« Ils vivent la nuit, c'est Le Parrain pour ceux qui savent penser. »

Ce que j'en pense  

Cette semaine direction l’Amérique des années 1926 à 1935. En pleine période de prohibition, déroute économique et banditisme, nous sommes plongés dans l’univers mafieux de l’époque. Et quel univers ! Entre Boston, la Floride, la prison, Cuba, c’est une véritable guerre des gangs sur fond de contrebande, corruption et contexte politique tourmenté.

Après avoir eu un énorme coup de cœur pour « Un pays à l’aube », j’étais heureuse de retrouver les personnages et l’univers de ce deuxième roman consacré à la famille Coughlin (les deux romans sont pourtant indépendants et peuvent être lus tout seul). Après avoir suivi Danny, c’est son frère Joe qui est ici le héros de l’histoire.

Comme tous les romans de Denis Lehane que j’ai eu l’occasion de lire, il est très immersif et se lit très bien. Une pointe de déception pourtant pendant la première partie du livre. La comparaison est terrible, quand on aime un auteur, que l’un de ses romans a été marquant. C’est plus fort que moi, je compare et j’en attend tellement que cela en devient décevant.

Et oui, parce que Joe n’est pas Danny, j’ai eu du mal à m’attacher à ce personnage. Je le trouvais assez pale en comparaison de son frère, il lui manquait de l’épaisseur et de la consistance. Il en allait de même pour l’intrigue, qui même si elle se lisait bien, ne m’a pas autant emportée que la précédente.

J’ai fini par me laisser emporter sur la 2e partie du roman. Plus addictive, plus d’actions, très bonne intrigue, plus de fond et surtout un personnage qui prend son envol et que l’on prend plaisir à suivre. Joe, ce faux méchant, pas vraiment gentil non plus. Il a gagné en complexité et je m’y suis vraiment attaché.

En résumé une bonne lecture, mais pas autant apprécié que les autres romans que j’ai lus de l’auteur. Peut-être que je l’aurais perçu différemment si je n’avais pas autant aimé Un pays à l’aube et que j’avais eu des attentes moins importantes.

 

Ma note: 
Très bien!
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2023 - Livre 46

 

LES VERTUEUX

Yasmina Khadra

512 pages

LE RESUME 

J'ai vécu ce que j'avais à vivre et aimé du mieux que j'ai pu. Si je n'ai pas eu de chance ou si je l'ai ratée d'un cheveu, si j'ai fauté quelque part sans faire exprès, si j'ai perdu toutes mes batailles, mes défaites ont du mérite - elles sont la preuve que je me suis battu.Algérie, 1914. Yacine Chéraga n'avait jamais quitté son douar lorsqu'il est envoyé en France se battre contre les "Boches". De retour au pays après la guerre, d'autres aventures incroyables l'attendent. Traqué, malmené par le sort, il n'aura, pour faire face à l'adversité, que la pureté de son amour et son indéfectible humanité.Les Vertueux est un roman majeur, la plus impressionnante des oeuvres de Yasmina Khadra.

Ce que j'en pense  

Dans ce roman nous suivons les (mes)aventures de Yacine entre la France et l’Algérie pendant plusieurs décennies.

Véritable épopée, la vie pleine de Yacine Chéraga est pleine de péripéties, de rencontres – bonnes ou mauvaises - de hauts et de (très) bas. Tour à tour berger, caporal, marchand, exilé recherché, prisonnier. Nous le suivons dans toutes les aventures de sa vie qu’il serait trop long de résumer ici. Yacine a eu mille et une vie.

Yacine est un personnage très doux, plein d’idéaux et de principes, qui malgré les épreuves et la violence de la vie restera toujours fidèle à lui-même et ne se laissera jamais entrainer, ne renoncera ni à ses combats, ni à son espoir ni à son humanité. Un personnage très lumineux dans une histoire très sombre.

Parce qu’il faut le dire, Yacine a été sacrément malmené.  Un peu trop à mon goût.

Il faut le lire pour comprendre, mais l’auteur s’est vraiment acharné contre lui, ce pauvre Yacine. Il lui est arrivé tous les malheurs du monde et , à chaque fois que, soulagée, je l’ai pensé en sécurité, et bien non.

Malgré ce personnage très pur et lumineux, malgré la très belle écriture pleine de délicatesse et de poésie, malgré les jolis messages véhiculés dans ce roman, je l’ai trouvé très sombre. Un peu trop déprimant à mon goût, pas très raccord avec mon humeur du moment.

C’était mon premier roman de l’auteur et je pense continuer à le découvrir, j’ai beaucoup aimé son écriture pleine de sensibilité.  

 

Ma note: 
Beau, mais trop sombre!
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