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2024 - Livre 10

LE PAYX AUX LONG NUAGES - Zineb Mekouar

208 pages 

 

 

LE RESUME 

« Les petites joies ne font pas de bruit, elles ne s’annoncent pas à grand fracas de cuivres comme les réussites éclatantes, mais elles sont là, blotties dans les interstices, entre deux échecs […]. Si discrètes qu’il faut les débusquer, les prendre contre soi, les protéger du vent. Si fugaces qu’elles ne laissent dans la mémoire qu’une ombre de douceur. Mais c’est avec ces douceurs-là qu’on réussit à survivre. »
En Italie, Acia se retrouve sans projet ni attache lorsque le patron de l’osteria où elle travaille disparaît avec l’argent de la caisse. Le hasard, et la compagnie despotique mais amicale d’un chat des rues napolitaines, la mènent jusqu’à un banc sur lequel elle découvre un livre de cuisine.
À l’intérieur, le nom d’un village : Palazzo. Acia y voit un signe et décide de se laisser guider une fois encore par le destin capricieux qui semble gouverner sa vie. Peut-être doit-elle rapporter ce livre à sa propriétaire ?
À quelques milliers de kilomètres de là, à Izmir, Kamar est sur le point d’embarquer avec sa fille sur un canot de fortune. Pour fuir les bombardements, la mort, la guerre qui ravage la Syrie… Elle n’emporte avec elle qu’un peu d’argent, le souvenir de son mari et, avec une cuillère en bois sculpté léguée par sa grand-mère, les effluves épicés des mets de son pays.

Ce que j'en pense  

 

 

 

 

 

2024 - Livre 9

LA POULE ET SON CUMIN - Zineb Mekouar

250 pages 

 

 

LE RESUME 

« Les deux enfants finissaient toujours par s’endormir main dans la main, l’une s’approchant trop près du rebord du matelas, l’autre le nez écrasé sur le pied du lit.
Elles restaient ainsi une bonne partie de la nuit – les doigts entremêlés. »

Deux jeunes femmes, deux destins, deux Maroc. Si une forte amitié lie dans l’enfance Kenza et Fatiha, la fille de sa nourrice, la réalité de la société marocaine les rattrape, peu à peu, dans sa sourde cruauté. Elles se retrouvent à Casablanca, fin 2011. Que s’est-il passé entre-temps ?
Quelles trahisons les séparent ? Dans un pays qui punit l’avortement et interdit l’amour hors mariage, comment ces deux fillettes, issues de milieux opposés, ont grandi et sont devenues femmes ?

Par les récits croisés de Kenza et Fatiha, Zineb Mekouar entremêle les destinées de deux héroïnes entre soumission et transgression. Dans cette grande fresque, leurs blessures et leurs drames épousent les clivages politiques et sociaux du Maroc contemporain. Intime et universel.

Ce que j'en pense  

Rapport de force et de domination.

De l’homme sur la femme.

Des « élites » sur les classes populaires,

De la France sur le Maroc.  

De ceux qui ont le pouvoir sur ceux qui ne l’ont pas.

 

Dans ce roman l’autrice nous emmène au Maroc pour suivre deux jeunes femmes issues de deux milieux différents. L'une, Kenza, est la petite-fille de l'ancien gouverneur de Casablanca alors que l'autre, Fatiha, est la fille de la « bonne » au service de la famille. Elles ont grandi comme des sœurs, puis la vie est passée par là.

Le Maroc.

De ce pays, je n’en connais ni les habitants, ni les traditions, ni l’actualité ni l’histoire (ben oui, désolée..). J'en avais une image assez neutre, assez loin. Pas vraiment d’image en fait.

Avec cette lecture, j’ai découvert un Maroc assez loin de ce que j’aurais imaginé, si je l’avais imaginé.

Je ne m’attendais pas à ça.  La description d’un Maroc plein de contraste, entre tradition et modernité. Avec ses riches et ses pauvres. Ceux qui parlent français et ceux qui parlent arabe.  Ceux qui rêvent de partir et ceux qui veulent rester.

 

Les thèmes sont forts et importants. La place des femmes, l’égalité des droits et les relations avec la France, ce pays qui fascine autant qu’il déçoit.

 

Et au milieu de tout ce bazar, en pleine crise identitaire, ces deux femmes qui se demandent où est leur place.

« Est-ce que je peux être autre chose que ce qu’ils ont décidé pour moi ? »

Elles ont du caractère, elles sont indépendantes, elles ont envie.

Oui mais. Mais dans la vraie vie des vrais gens, ça ne suffit pas toujours.

S’émanciper, plus facile à dire qu’à faire.  

Elles luttent avec les armes qu’on leur a données mais - irrémédiablement - elles sont limitées par les chaines qu’elles se trainent.

 

Pour une femme, même dans notre pays, c’est déjà difficile de savoir ce que l’on veut et de s’y autoriser. De se détacher des fardeaux qui ne sont pas les nôtres. De repérer les craintes héritées qui ne nous appartiennent pas. De se défaire des entraves invisibles que des siècles d’histoires ont posées là.

Alors, quand les chaines sont institutionnelles, quand même le droit ne protège pas, quand c’est lui qui enferme. Alors, à part rêver d’ailleurs, on fait comment ? 

Très bonne lecture que je recommande. 

 

 

Ma note: 
Très bien
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2024 - Livre 8

LA CONSTELLATION DU CHIEN - Peter Heller

409 pages 

 

 

LE RESUME 

Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Tout. L’art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cowboy chatouilleux de la gâchette.
À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !)

Ce que j'en pense  

 

« À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !) » 

Voilà une 4e de couverture qui résume tout à fait son roman.

 

Ici, le lecteur découvre Hig, neuf ans après qu’un terrible virus ait décimé la quasi-totalité de la population mondiale. Ecrite en 2013, c’est l’histoire presque prophétique d’une pandémie aux symptômes de grippe qui se propage depuis l’Asie.

 

Hig, un anti-héros très héroïque. Un doux rêveur pas assez courageux pour tuer mais assez pour espérer. Espérer, quoi, je ne sais pas, et lui non plus d’ailleurs.  Il manie l’humour noir, il aime pêcher, il aime voler et surtout, plus que tout, il aime Jasper, son chien.

Hig, il aime aussi Bangley, son acolyte sans scrupule et fou de la gâchette. Un commando à lui tout seul, ce Bangley. Mais qu’il aime Bangley, ça, il ne le dira pas. Parce qu’il ne le sait pas encore. Parce  que parfois c’est long de voir ce qu’on a juste sous les yeux.

 

Dans ce roman, même si les évènements sont parfois – très- triste ;

Même si le sujet est noir, que c’est du déjà vu,  déjà lu et presque déjà vécu ;

Même s’il aurait pu m’angoisser ou me fermer ;

Et bien c’est tout le contraire.  

L’auteur est doux et poétique. Il nous présente une ode à la nature, un plaidoyer pour l’humanité et une démonstration de résilience. C’est un apprentissage du contentement, de vivre l’instant présent et trouver le bonheur dans ce qu’on a déjà.

 

 J’ai été très sensible à l’écriture de ce roman qui ne manque pas de singularité (et bravo au traducteur, au passage). Une écriture avec beaucoup de caractère et de personnalité.

Au-delà des mots, même le style nous traduit des émotions.

Il nous traduit le désespoir, la pudeur, la nostalgie.

Et, coincé quelque part entre l’envie de chaleur et le besoin de sécurité, il nous traduit la Peur aussi. La peur des autres, la peur d’être seul.

Alors vient L’envie. L’envie de vivre, l’envie de mourir aussi. Les deux à la fois.

Et puis ce qu’on veut, on n’en sait rien.  

Etre seul mais pas tout seul. Etre mort mais vivre quand même.

 

Très belle lecture.

Je vous le conseille

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
5 - 5.PNG

 

 

 

2024 - Livre 7

SEUL LE MENSONGE EST VRAI - 

 pages 

 

 

LE RESUME 

Nour Rassol est une jeune femme de 17 ans née au Bénin, dans la peau d'un garçon. Sa transidentité lui vaut la haine et les coups de son entourage. Lorsqu'elle comprend que sa vie est en jeu, Nour décide de fuir. Son objectif : atteindre l'Europe, où elle pourra effectuer une opération de réassignation. Mais le périple vers le nord est long, et semé d'embûches. La jeune femme, qui s'habille et se grime pour faire oublier son corps d'homme, arrive finalement dans le camp de réfugiés de Choucha, à la frontière lybienne.
A l'enregistrement, sa demande d'asile est refusée, son genre non reconnu. La voie légale n'ayant rien donné, Nour s'engage auprès des passeurs cruels qui lui promettent les papiers et le passage en Europe. Elle va devoir se battre pour survivre, et réaliser son rêve de liberté.
Sorcière voleuse d'âmes pour les uns, farouche et frêle victime pour les autres, Nour est simplement une jeune femme qui rêve de pouvoir un jour être elle-même. Forte de sa différence, elle sait qui elle est, et ce qu'elle veut.
Fuir le Bénin, traverser le continent jusqu'à la Libye.
Obtenir des papiers.
Passer coûte que coûte.
Mais le périple vers le Nord est long et les démons guettent. Sur son chemin surgissent des hommes sans foi ni loi. Elle est prête à jouer avec leurs armes, à se faire plus impitoyable que le pire des leurs.
Avant d'atteindre la dernière mer à franchir, elle devra durcir son cœur, endurer la faim, la solitude et l'abandon.. L'espoir n'a pas de prix.
D'une voix de conteur où chaque phrase tombe comme un couperet; Malik Sam retrace l’itinéraire d'une survivant. Ce roman initiatique aussi noir qu'expiatoire ne se lâche pas !

Ce que j'en pense  

 

Percutant.

Dans ce roman, nous suivons Nour et son parcours depuis le Bénin jusqu’au camp de réfugié de Choucha en Tunisie. Parce qu’elle n’est pas née dans le bon corps, le sort qui lui est réservé dans son pays et les horreurs qu’elle a subi l’obligent à tout quitter.

Sauf que l’horreur ne fait que commencer.

La traversée du désert d’abord.

Le camp de réfugié, ensuite.

 

Et là, vraiment, c’est abominable.

A la question de savoir qui gagne à la loi du plus fort, ce sont les passeurs. Dépourvus d’humanité, avare d’argent et de pouvoir, ils traitent les Hommes comme de la vulgaire marchandise. Ils menacent, intimident, frappent, torturent, violent, volent, trahissent, abandonnent.

Et le plus terrible, c’est qu’ils abusent de l’espoir de tous ces hommes et ces femmes dans le camp. Parce que malgré les risques, malgré les conditions terribles des traversées, malgré les naufrages, malgré le coût, malgré la peur. Chez les réfugiés, c’est l’espoir qui fait tenir.

Alors malgré tout, on a besoin de ces passeurs qui utilisent l’espoir comme une arme et exploitent le malheur.   

 

L’espoir. De traverser la méditerranée. S’installer en Europe. Avoir le droit de respirer. Rester entier. Être libre.

Être libre, vaste sujet.

La liberté dont rêve Nour, c’est celle de s’Affirmer, s’Assumer et Revendiquer ;

Quand le droit le lui interdit et que la société la rejette,

Sa féminité, sa sexualité, son orientation sexuelle, son identité, sa singularité.

 

Alors ce livre, évidemment, il est révoltant et effrayant. Mais surtout, il interpelle.

Sur le sort de ces réfugiés d’abord.

Quand on sait le sort qui leur sera réservé à l’arrivée. Quand on sait que l’Europe ne veut pas d’eux. Tristesse infinie.

Mais aussi, ce livre, il interpelle – et rappelle –la chance que nous avons. Ici.

 

Depuis ma cabane au fond des bois et mon espace bien à l’abri du monde qui ne tourne pas rond, j’avais oublié, la chance que j’ai.

Le droit ne m’interdit pas d’être moi.

La société, je peux m’en moquer.

Et moi-même, je m’autorise.

A m’Affirmer, m’Assumer. Revendiquer.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2024 - Livre 6

PARTIE ITALIENNE - Antoine Choplin 

192 pages 

 

 

LE RESUME 

Gaspar est un artiste reconnu et sollicité. Pourtant, en ce début de printemps, il ne rêve que de quitter Paris et s'installer Campo de'Fiori, à Rome. Là, à une terrasse de café, devant un jeu d'échecs, il joue contre des amateurs de passage et savoure la beauté des jours.
Un matin, une femme s'installe à sa table pour une partie. Elle s'avère être une adversaire redoutable et gagne très vite. Elle s'appelle Marya, vient de Hongrie. L'histoire entre eux naît sur l'échiquier, avant de se déployer ailleurs, singulière et douce.
Partie italienne, nouveau roman d'Antoine Choplin, ne défend aucune cause, ne prend aucun parti, excepté celui de la puissance de la Mémoire.

Ce que j'en pense  

 

Ce roman, c’est l’histoire d’une rencontre éphémère et lumineuse.

Une jolie lecture, découverte dans le cadre du prix du meilleur roman Points.

 

Pour une conférence, il vient de Paris.

Pour une raison que l’on va découvrir, elle vient de Hongrie.

Ils se rencontrent, sur une place de Rome, autour d’une partie d’échec.

 

Ils sont sous le charme.

Ils commencent par des échanges autour de leur passion commune, les échecs.

Puis vient le reste. La pluie, le beau temps, leurs histoires et la question de savoir « est-ce que tu sauterais, si je tombais à l’eau ? »

Avec leurs répliques qui fusent, drôles et directes, j’ai suivi leurs discussions comme j’ai suivi leurs parties d’échec. Comme un jeu. Chacun son tour et on s’amuse.  

 

Cette rencontre, cette histoire, elle ne dure que quelques jours.  

A peine débutée qu’elle est déjà terminée.

Comme la lecture du roman, commencée un soir à 20h58, terminé à 22h34.

Comme une partie d’échec.

 

Une brève rencontre, éphémère et lumineuse.

Une belle parenthèse. Douce. Drôle. Facile.

Et quand tout se termine, mon petit cœur d’artichaut veut juste dire « Merci. J’en veux encore ».

 

Ma note: 
Très bien
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2024 - Livre 4

HORN VENAIT LA NUIT - Lola Grubber 

616 pages 

 

 

LE RESUME 

Simon Ungar ne sait pas grand-chose de sa famille paternelle ni de son père, parti refaire sa vie au Canada. Alors quand il se fait licencier et que sa petite amie le quitte, il se dit que c’est l’occasion d’en savoir plus sur ses origines : il part en République tchèque, dans la petite ville d’Olomouc, le berceau des Ungar. Son amateurisme en toutes choses va mener Simon jusqu’à Bratislava puis à Budapest, de train en train, enchaînant les hasards, les rencontres et les coïncidences. Mais le puzzle familial s’avère plus difficile à reconstruire que prévu, entre fausses pistes et pièges tendus…


Ilse Küsser est elle aussi originaire de cette partie de l’Europe, née en Tchécoslovaquie pendant l’entre-deux guerres. L’arrivée de l’armée d’Hitler la prive de ses deux frères, avant que la mort de son père dans un bombardement à Prague et le remariage de sa mère changent la donne. Mais c’est autant un accident de gymnastique qu’une soirée à l’Opéra qui vont décider du destin d’Ilse : dans la Tchécoslovaquie communiste des années 1950, elle sera accessoiriste de théâtre, à Bratislava. C’est là qu’elle tombera folle amoureuse du mystérieux Horn. Jusqu’à ce qu’un jour l’histoire d’Ilse rejoigne celle de Simon.


Que ce soit en invoquant la mémoire juive ashkénaze, les livres de Jules Verne, le clapotis du Danube la nuit ou les banlieues sinistres de Budapest où se terrent des écrivains nobélisables, Lola Gruber nous entraîne dans un formidable roman-enquête mené tambour battant où l’humour côtoie la tragédie, la mort et l’amour à chaque page.

Ce que j'en pense  

 

 Bouleversant - Coup de cœur!

 

"Si l’on pouvait seulement dire à la vie aussi, « Laisse-moi tranquille ! ».. Mais elle revient toujours, elle s’accroche à votre dos comme une hydre et elle.. vous étrangle"

 

De l’Histoire - du voyage - du drame – de la mort - de l’amour - une quête de soi –des âmes qui se cherchent mais ne se trouvent pas. Tout ce que j’adore. Mon petit cœur sensible et moi vous conseillons totalement la découverte de ce roman.

 

~ De quoi ça parle ?

Direction l’Europe centrale. D’abord en Tchécoslovaquie et Hongrie à partir des années 40, nous suivons le personnage d’Isle pendant la guerre puis sous le régime communiste.

En parallèle, il y a Simon, détective amateur et maladroit qui parcourt l’Europe centrale en 2013 à la recherche de son histoire familiale.  J’ai adoré découvrir cette époque de l’histoire de la République Tchèque, Slovaquie et Hongrie, que je ne connaissais pas particulièrement.

Il m’est arrivé de lire plusieurs romans sur l’histoire de l’URSS et du bloc soviétique mais jamais sur ces pays-là spécifiquement. Immersion totale.    

 

Et puis. J’ai été percutée par l’histoire d’Isle, cette jeune femme qui essaie de survivre à la vie. Une vie que j’ai trouvé d’une tristesse infinie - et en même temps tellement belle - troublée par les pertes, par les drames et par un amour si fort et si grand qu’il a définit l’ensemble de son être et de sa trajectoire.

 

C’est fou de se dire qu’un destin tient à si peu. Un jour. Une très brève rencontre. Elle était là, il était là. Horn, un personnage mystérieux, plein de secrets, plein de fêlures. Il manie les mots, raconte des histoires, rien n’est vrai, tout est faux, on ne sait plus.

Alors, c’est un coup de foudre, et toute une vie qui bascule. Cela m’a fait penser à cette phrase de Charles Bukowski  et qui resume ma sensation tout le long de la lecture « Il n'y a pas de vide plus grand que lorsque quelqu'un entre dans votre vie, la chamboule et s'en va. »

 

Bref, lisez-le.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
5 - 5.PNG

 

 

 

2024 - Livre 3 

 

Le fils du professeur - Luc Chomarat 

288 pages 

 

 

LE RESUME 

« Mes parents, j’avais l’impression de les connaître comme si je les avais faits. Cette jeune femme très nouvelle vague, cinquante de tour de taille, des dents blanches et bien alignées, grande douceur, un peu hébétée, c’était ma maman. L’autre, si grand que la plupart du temps je ne savais pas trop à quoi il ressemblait là-haut, une voix qui descendait d’entre les nuages, c’était le Professeur. Mon papa. »
Dans cette famille se joue l’éternelle aventure de l’enfance. Il y a les combats acharnés contre les copains cow-boys, les stratagèmes habiles pour trouver sa place dans la cour de récré, les questionnements existentiels et les femmes si indéchiffrables. Et pendant ce temps d’autres luttent pour la liberté, tuent des présidents, marchent sur la Lune, mènent une guerre froide…
Des souvenirs vagues de la maternelle aux élans de l’adolescence, Luc Chomarat nous invite à redécouvrir un monde empli de mystères et peuplé d’amis imaginaires. De sa plume impertinente et pleine d’esprit, il propose de cheminer à hauteur d’enfant sur la route faite de rêves et de défis qui mène à l’âge adulte.

Ce que j'en pense  

L’enfance d’un jeune garçon dans les années 60, de son plus jeune âge à la fin de l’adolescence.

C’est l’histoire, assez universelle, d’un enfant – très – sensible et -trop- intelligent, qui cherche sa place. Il cherche sa place au sein de sa propre famille, à l’école, avec les copains, au sport, auprès des filles et dans un monde qu’il ne comprend pas toujours.

Mais sa place, il ne la trouve pas vraiment. De ce monde qu’il ne comprend pas toujours, de l’école, des copains, des filles, du sport, de sa famille, il en reste à l’écart.  

L’écriture est fluide, facile, directe et souvent drôle.

Le sujet aurait pu me toucher, la lecture était agréable, mais la rencontre ne s’est pas faite. J’ai assisté à la vie de ce petit garçon en spectatrice, sans jamais trop réussir à me sentir concernée.

Je n’ai pas d’explication particulière, ce n’était surement pas le moment pour cette lecture, sans compter que je l’ai lu en même temps que le roman historique d’Hilary Mantel « Le conseiller » consacré à la dynastie des Tudors. « Le fils du professeur » a peut-être souffert de la différence entre les deux intensités de lecture.  

En lisant plusieurs romans en même temps, on passe peut-être à côté de certains.. ou alors rien à voir. Je ne sais pas. Parfois il y a des rencontres qui ne se font juste pas.

Une lecture agréable tout de même. 

 

Ma note: 
Bien
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2024 - Livre 1

 

Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même 

Lise Bourbeau 

 

 

LE RESUME 

Le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice : cinq blessures fondamentales à l'origine de nos maux qu'ils soient physiques, émotionnels ou mentaux.
Lise Bourbeau, grâce à une description très détaillée de ces blessures, nous mène vers la voie de la guérison. Car de la compréhension de ces mécanismes dépend le véritable épanouissement, celui qui nous conduit à être enfin nous-même.
Un guide simple et pratique pour transformer tous nos petits problèmes quotidiens en tremplin pour grandir.

Ce que j'en pense  

Un livre de développement personnel pour commencer l’année, avec les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau.

Alors que je ne connaissais pas du tout ce livre et que je ne lis pas particulièrement ce genre d’ouvrage, j’en ai entendu parler deux fois dans une même journée de décembre. Je me suis dit « c’est un signe », je vais l’acheter.

Dans ce livre, l’autrice nous décrit les 5 grandes blessures de base vécues par l’être humain et les masques, les comportements que nous créons pour nous en protéger.  Ces masques nous éloignent de notre vraie « nous ». En travaillant sur la guérison de ces blessures, nous pourrons voir les masques diminuer et se reconnecter à notre véritable être intérieur.

Le livre nous présente donc les 5 blessures : rejet, abandon, humiliation, trahison et injustice – et les 5 masques associés : fuyant, dépendant, masochiste, contrôlant et rigide.  J’ai trouvé l’analyse de ces caractères et blessures vraiment très intéressante, surtout (évidemment) celle dans laquelle je me suis totalement retrouvée. Lise Bourbeau va à l’origine de certains comportements pour en chercher les causes et donc le moyen de passer au-delà. J’ai l’impression d’avoir compris des choses sur moi et certains mécanismes.  Et en même temps, je m’interroge sur d’autres points qu’elle a soulevés..    

Je préfère prévenir que le livre n’est peut-être pas adapté à tous. Il suppose quand même une adhésion, ou du moins une ouverture à certains concepts, et notamment la réincarnation. En effet, les théories de l’autrice reposent sur le fait que chacune de ces blessures découle d’une accumulation d’expériences échelonnées sur plusieurs vies passées - blessures qui n’ont pas été soignées lors de ces vies antérieures.

Que l’on y croit ou pas, l’analyse des comportements reste très intéressante, chacun peut prendre dans ce livre ce qu’il y trouve d’utile, et laisser le reste.  

 

Ma note: 
Très intéressant
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2024 - Livre 2

 

Le conseiller

Hilary Mantel 

943 pages

LE RESUME 

Dans la lignée des Tudor, le premier roman événement d'une trilogie qui a enflammé l'Europe et Les Etats-Unis. Les fans de roman historique vont hurler de plaisir !

Angleterre, 1520. Règne des Tudors. Le roi Henri VIII n'a pas de fils pour lui succéder. Situation préoccupante qui pourrait entrainer le pays sur le chemin de la guerre civile. Aussi décide-t-il de divorcer de Catherine d'Aragon, avec qui il est marié depuis plus de 20 ans pour épouser Anne Boleyn, dont il est tombé amoureux. Son conseiller, le cardinal Wolsey échouant à obtenir l'accord du pape, un jeune homme plein de fougue et de ressources va peu à peu entrer dans les bonnes grâces du roi et l'aider à vaincre l'opposition. Son nom : Thomas Cromwell. Ambitieux, idéaliste et opportuniste à la fois, fin politicien et manipulateur né, celui-ci est au début d'une carrière qui va modifier profondément et durablement le visage du royaume.

Avec Dans l'ombre des Tudors, vainqueur du Booker Prize et salué dans le monde entier par une critique unanime, Hilary Mantel nous propose un fabuleux voyage au cœur d'une société en plein bouleversement. Prenant pour sujet l'une de ces périodes clés de notre civilisation où l'histoire, la politique, les passions et les destinées individuelles se confondent, elle nous livre un portrait sans précédent de la maison Tudor.

Ce que j'en pense  

Waouh.. du très lourd pour mon premier roman de l’année.  

943 pages d’un récit hyper dense et captivant, du lourd au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans ce premier roman d’une trilogie consacrée à Henri 8, l’autrice nous emmène en Angleterre des années 1528 à 1533, en pleine crise politique et religieuse.

L’histoire vraie de ce roi qui a souhaité divorcer de la reine Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn, dont il est tombé amoureux. Sauf que voilà ; à l’époque et dans ce contexte, le divorce n’est pas franchement autorisé.

 

Apparait alors Thomas Cromwell, un homme du peuple qui monte les strates sociales grâce à son intelligence, sa loyauté et ses manigances. Il devient, petit à petit, le conseiller du roi.

Le héros du roman, c’est lui. Le conseiller.

Un personnage fascinant, captivant et carrément brillant. Il se dégage de lui quelque chose de très « attirant », un peu comme un aimant. J’ai adoré suivre son évolution et j’ai vraiment hâte de poursuivre le chemin avec lui dans les deux prochains romans.

 

Bon par contre il faut le dire, cette lecture est vraiment très exigeante. Je pense qu’elle n’est pas forcément accessible ni faite pour tout le monde.  Le récit est très complexe avec énormément de personnage, beaucoup beaucoup d’informations et de contexte historique, et surtout une écriture très particulière qui ne facilite pas l’assimilation de toutes les informations.

 

Entre les dialogues pêle-mêle en plein du milieu du récit, des allers-retours dans le temps sans prévenir. On passe, dans le même paragraphe, d’une époque à une autre. D’une description à un dialogue, à des pensées. Tout est mélangé, et franchement, il faut suivre !

Alors que je perds la moitié de mes neurones après 20h, il m’a fallu un niveau de concentration maximum ! Ce n’est clairement pas un livre léger que l’on lit pour passer le temps et s’aérer l’esprit.

 

Après avoir passé le cap des 300 premières pages assez laborieuses, que je me suis adapté à ce milieu hostile, le roman est devenu addictif et captivant. L’immersion est totale.

 

Bref, j’ai adoré.

 

Ma note: 
Très bien! 
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2023 - Livre 39

 

FEU 

Maria Pourchet 

264 pages

Lu dans le cadre du prix des lecteurs du livre de Poche 

LE RESUME 

Laure, prof d’université, est mariée, mère de deux filles et propriétaire d’un pavillon. À 40 ans, il lui semble être la somme, non pas de ses désirs, mais de l’effort et du compromis.
Clément, célibataire, 50 ans, s’ennuie dans la finance, au sommet d’une tour vitrée, lassé de la vue qu’elle offre autant que de YouPorn.
Laure envie, quand elle devrait s’en inquiéter, l’incandescence et la rage militante qui habitent sa fille aînée, Véra.
Clément n’envie personne, sinon son chien.
De la vie, elle attend la surprise. Il attend qu’elle finisse.
Ils vont être l’un pour l’autre un choc nécessaire.
Saisis par la passion et ses menaces, ils tentent de se débarrasser l'un de l'autre en assouvissant le désir… Convaincus qu’il se dompte.
 
Dans une langue nerveuse et acérée, Maria Pourchet nous offre un roman vif, puissant et drôle sur l'amour, cette affaire effroyablement plus sérieuse et plus dangereuse qu’on ne le croit.

Ce que j'en pense  

Roman incisif, cru et cynique. 

J'ai détesté les personnages.

Clément égocentrique et méprisable. 

Laure complètement perdue. 

J'ai détesté leur relation. 

J'ai trouvé le roman sombre et déprimant. J'ai ressenti beaucoup d'émotions très négatives. 

Pour autant, le roman est l'un de ceux qui m'a le plus bousculée de toute la sélection.

Au final, c'est aussi l'un de ceux dont je me souviendrai le plus.  

 

Ma note: 
Déconcertant 
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2023 - Livre 56

 

DE NOUVEAUX ENDROITS 

Lucile Génin

264 pages

Lu dans le cadre du prix du meilleur roman Points 

LE RESUME 

"Dans le miroir, une grande fille blonde et gracile, une fille tout étirée en muscles. Une fille aux yeux bleus translucides, si clairs qu’ils donnent toujours l’impression qu’elle ne regarde jamais vraiment ses interlocuteurs en face. Souvent, elle s’assoit sur le rebord de son velux et elle contemple le ciel pendant des heures, en se demandant comment c’est d’être adulte, comment c’est d’être libre, comment c’est d’être ailleurs.
Cette fille, c’était moi."


Au sortir de l’adolescence, Mathilde, enfant d’un couple séparé, peine à trouver sa voie, entre ses désirs, ses idéaux et les pièges qu’on lui tend. Elle s’en va à l’autre bout du monde, désireuse de comprendre qui est sa mère : Anne, alcoolique à peine désintoxiquée. Pourtant là-bas, en Colombie-Britannique, les réponses apportées ne sont pas toujours celles qu’elle croyait chercher. Et au-delà de l’énigme maternelle, il lui reste surtout à réaliser ses propres rêves, trop longtemps étouffés par la violence et les illusions.
Acuité du regard, ironie désabusée, découverte des blessures de l’existence et des accommodements avec la réalité, un premier roman d’une insolence salutaire.

Ce que j'en pense  

Un roman que j’ai adoré, sûrement parce que j’y ai retrouvé beaucoup de moi et de mon histoire. Il y a des scènes, des évènements et des émotions que j’ai très bien reconnus. Cette lecture, ce personnage, c’était comme un miroir vers une version plus jeune de moi-même.

Parce qu’avec Mathilde, 18 ans dans le roman, je partage bien plus qu’une date d’anniversaire (13 mars, au passage).  

 

Alors allons-y. Dans ce roman il est question des relations mères-filles, du passage à l’âge adulte, d’un trop plein d’émotion dont on ne sait pas quoi faire, de la peur, du rejet, de l’amour, de la haine, pour les autres, envers soi-même.

Moi, j’ai une mère, deux grands-mères et deux filles. Alors les relations mères filles, évidemment que ça me parle. Avec tout ce qu’il peut y avoir de complexe, de doux, de rassurant, d’agaçant, de perturbant et d’énervant – Je connais, le poids des blessures héritées, celles qu’on n’a pas choisi de recevoir et qu’on ne veut pas transmettre à son tour - le poids des personnes en souffrance qui nous volent chaque jour un peu plus de nous-même.

 

Mathilde va devoir comprendre que les mères sont des femmes avant d’être mères, avec leur passé, leurs histoires, leurs névroses et leurs défaillances. Comprendre que ni le passé ni le présent de cette mère ne lui appartient, accepter qu’elle ne peut pas la sauver d’elle-même, que ses peurs ne lui appartiennent pas, qu’elle a le droit d’être heureuse quand même.

 

J’ai aussi été sensible à l’écriture et au rythme du roman. C’était fluide, vivant, sensible et crédible.

 

Très touchée, donc.

Une belle lecture que je conseille à tous ceux que le sujet intéresserait.

 

Ma note: 
Très bien 
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2023 - Livre 54

 

A L'EST D'EDEN 

John Steinbecq 

790 pages

LE RESUME 

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d'Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron.
En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l'auteur nous raconte l'histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.
Pour cette œuvre généreuse et attachante, John Steinbeck a reçu le prix Nobel de littérature.

Ce que j'en pense  

15 jours pour lire 790 pages d’un chef d’œuvre très dense, sur un exemplaire vieillissant à l’odeur de poussière et aux pages oranges dont (vu la typographie) on pourrait penser qu’elles sortent tout droit d’une machine à écrire.

Une expérience intéressante.

Ce roman - une fresque dense et fascinante publié en 1952 qui a valu à son auteur le prix Nobel de littérature - retrace l’histoire de deux familles dans la vallée de Salinas en Californie au début du 20e siècle.

Sur plusieurs générations, le lecteur suit les relations entre les frères de la famille Trask, d’abord Charles et Adam, puis Caleb et Aron, les fils d’Adam. Les relations, jalousie et rivalités fraternelles sont au cœur de ce roman. Le titre fait d’ailleurs référence à l'épisode de la Bible dans lequel Caïn fuit à "l'est d'Eden" après avoir tué son frère Abel par jalousie. D’une certaine façon, cet épisode biblique est transposé dans le roman à travers l’histoire de ces deux générations de frères.  

J’ai trouvé ce roman extrêmement dense. L’auteur nous propose une vision très fine et subtile de la nature humaine mais aussi des relations et des rapports entre individus. Il y est question évidemment de la jalousie, mais aussi de la colère, de la vengeance, de l’amour entre frères, entre parents et enfants, de la culpabilité, du pardon, du besoin de reconnaissance et d’amour, de l’acception et de l’autodestruction. Il y a énormément de description et chaque mot compte. La façon dont l’auteur décortique l’âme humaine rend le roman très touchant et authentique. Chacun pourra y retrouver une partie de lui-même. Ce n’est clairement pas un roman qui est lu à la légère pour passer le temps.

Les personnages sont très marquants avec des personnalités très fortes. Il y a les frères de la famille Trask mais aussi tous les personnages qui gravitent autour. Il y a notamment ces trois personnages essentiels ; Samuel Hamilton (le voisin fort, généreux et altruiste), Lee, (le serviteur sage et donneur de leçon, tellement génial), et Cathy (l’épouse folle furieuse, que j’ai adoré détester).

Le message final du roman est très optimiste malgré les thèmes un noirs qui y sont évoqués.

 

Il y a en effet un chapitre du roman consacré à l’extrait de la bible qui relate le destin de Cain et Abel. Dans ce chapitre, Lee, le serviteur chinois de la famille Trask, nous explique qu’il a longuement réflchi et étudié les traductions et signification de cet extrait. le "Timshel" de la Bible veut dire "tu peux" te délivrer du mal et non "tu dois" ou "tu devras".

Ce mot hébreux tiendra une place importante dans le livre, jusqu’à sa toute fin. L’auteur nous explique que tout repose sur la volonté de l'homme qui peut se délivrer de ses chaînes. Le libre arbitre, l’indépendance, la libre pensée sont essentiels à l’Homme.

Timshel, tu peux ..

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 55

 

LES EFFINGER

Gabriele Tergit

943 pages

LE RESUME 

Les dernières années du xixe siècle offrent de nombreuses opportunités aux ambitieux, dans une Allemagne unifiée et triomphante. Paul Effinger, fils d’horloger, fait partie de ceux qui saisissent leur chance. Il quitte la province allemande pour chercher fortune à Berlin, se lance dans l’industrie. Une alliance est nouée avec une autre famille, les Oppner, et le succès est au rendez-vous.

On mène grand train, on traverse même la Grande Guerre sans trop de mal et fort d’un patriotisme assuré. Puis viennent les années folles, dans une capitale allemande plus cosmopolite que jamais. Mais derrière les apparences, l’antisémitisme progresse et menace…

Quatre générations des Effinger et de leurs alliés sont ainsi évoquées, dans un roman-fleuve qui plonge le lecteur au coeur d’un monde disparu, entre 1870 et 1948. Les divisions qui ont déchiré la nation allemande et précipité toute l’Europe vers l’horreur sont incarnées dans une galerie de personnages inoubliables. L

e talent de Gabriele Tergit, le rythme rapide des chapitres et la vivacité des portraits rendent cette histoire de famille épique absolument irrésistible.

La découverte d’un roman majeur de la littérature européenne.

Ce que j'en pense  

 

Chronique d’un monde disparu qui retrace l’histoire d’une famille juive allemande sur 4 générations, de 1878 à 1948.

 

L’autrice, qui a écrit ce roman dans les années 30 et 40 alors qu’elle avait elle-même fuit l’Allemagne nasi, nous raconte ici l’histoire d’une famille bourgeoise en pleine période de l’industrialisation allemande, puis de la guerre qui arrive et qui s’installe.  

 

Au départ, le roman est surtout une saga familiale avec de nombreux personnages au caractère bien trempés et des relations complexes qui illustrent des représentations finalement assez intemporelles (une jeune génération pleine de conviction et d’aspiration, et une autre plus ancienne, installée dans des traditions et un mode de vie bien ancré). Dans une période en pleine transition, entre progressisme, modernité et esprit conservatoire, les débats sont nombreux dans cette famille.

Au fur et à mesure des pages, avec l’arrivée de la guerre, le roman devient de plus en plus sombre et politique.

 

Je regrette de ne pas avoir réussi à m’attacher aux personnages que j’ai trouvé trop nombreux (j’ai mis du temps à repérer qui est qui), et pas particulièrement attachants. Comme je suis un petit cœur sensible et que mon intérêt pour les romans passe toujours par mon attachement et ma relation aux personnages, je n’ai pas été « émotionnellement » embarquée.

 

Pour autant, ces personnages sont très intéressants à observer et analyser. Ils semblent caractéristiques de leur époque et l’autrice nous raconte leur mode de vie de façon très réaliste. J’ai beaucoup aimé cette immersion dans un monde que je savais être déjà condamné. Les descriptions sont très réussies et l’on imagine facilement les scènes qui se déroulent dans ces maisons bourgeoises.

Le roman aurait été plus court je l'aurait lu en entier malgré que je n'ai pas été embarquée, mais au vu de ces 900 pages, je n'ai pas insisté et je me suis arrêtée à la page 300. 

 

Ma note: 
ABANDON

 

 

 

2023 - Livre 53

AZIYADE

PIERRE LOTI 

264 pages

LE RESUME 

1876. Un jeune officier de marine, Julien Viaud, futur Pierre Loti, débarque à Salonique et s'éprend passionnément d'une jeune femme recluse dans un harem. Aziyadé, du nom de la belle odalisque, retrace leur liaison amoureuse secrète, née au milieu des parfums et des mystères de l'Orient. Mais rappelé au pays, le jeune lieutenant est contraint d'abandonner sa bien-aimée...

Dix ans plus tard, Fantôme d'Orient ramène Loti sur les traces de l'amour de sa vie. De retour à Constantinople, il y découvre le tragique destin d'Aziyadé.

La Petite suite mourante... marque la fin de la quête. Pendant des années, le marin continue de se rendre sur les terres d'Orient. Un rituel où le survivant donne rendez-vous aux fantômes de sa vie passée.

Ce que j'en pense  

« Aziyadé » écrit par Pierre Loti offre une exploration intéressante de l’amour interculturel et de l’exotisme oriental. La prose de l’auteur, lyrique par moments, essaie de capturer l’atmosphère d’Istanbul et de l’empire ottoman de la fin du XIXe siècle, plongeant le lecteur dans un monde à la fois intrigant et mystérieux.

 

L’histoire d’amour entre Loti et Aziyadé, marquée par la passion et la mélancolie, est racontée avec une certaine intensité émotionnelle, visant à toucher le lecteur.

Cette intensité reste très relative dans la mesure où les sentiments de Loti semblent plus flous et superficiels que ceux d’Aziyadé. Il émane d’elle une détresse très touchante qui rend le personnage de Loti peu sympathique dans sa façon de prendre leur séparation et leur relation à la légère. Le personnage masculin apparait comme plus puissant et supérieur au personnage féminin, finalement une conquête comme une autre.

Aziyadé n’a pas de véritable personnalité en dehors de son amour pour Loti, ce qui donne une image de la femme et de la relation homme-femme plutôt déplaisante. Le roman reflète le courant orientaliste de son époque avec une tendance à idéaliser l’orient. Cette approche peut être vue comme une limitation dans la représentation culturelle du roman.

 

Malgré cela, il offre une perspective historique intéressante sur les perceptions et fascinations de l’époque. Malgré ses teintes orientalistes qui peuvent parfois limiter sa portée, le livre reste un document d’époque précieux et fournit une expérience littéraire notable. Globalement, Aziyadé, est une lecture parfois ennuyeuse, parfois engageante qui combine romance et observations ethnographique. En effet, le format du roman, entre journal, carnet de voyage et correspondance, propose un style narratif bien ancré dans le 19e, style qui a relativement mal vieilli et qui, même s’il n’est pas désagréable à lire, en fait une lecture souvent ennuyeuse.

 

Le roman mérite un 3 sur 5 apprécié pour son style narratif et ses riches descriptions, mais diminué par ses représentations parfois stéréotypées et quelques longueurs inutiles.

 

Ma note: 
Ennuyeux
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2023 - Livre 52

LA RELIGION

TIM WILLOCKS

864 pages

LE RESUME 

" La Religion ", c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. À un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un ancien janissaire qui a connu les deux camps. Pour les beaux yeux de la comtesse Carla La Penautier, le trafiquant d'armes et d'opium embarque pour l'enfer...

Ce que j'en pense  

Pour une immersion au 16e siècle en pleine guerre entre empire ottoman et chevaliers catholiques, c’est par ici.  Le roman n’a rien de fleuri ni lumineux. Non, ici, c’est la guerre. Ames sensibles s’abstenir.  

900 pages de combats, de politique, de machination, d’ambition, de pouvoir, d’amour, de sexe et trahisons… impossible de rester insensible. C’est très fort et épique.

 

C’est après quelques jours de vacances à Malte au printemps dernier que j’ai eu envie de me plonger dans l’histoire de cette petite ile méditerranéenne. J’ai découvert ce roman, trouvé quelques copains, et commencé la lecture.

 

Dans la Religion, il n’y a pas de demi-mesure. C’est violent, sanguinaire, cruel et brutal (oui oui, tout ça). Les scènes de guerre (omniprésentes) sont très détaillées et visuelles.  Même si cela ne m’a pas dérangé au départ, il est arrivé un moment où tous ces massacres ont pesé sur mon moral.

 

Les 200 dernières pages mémorables, que mon petit cœur sensible a trouvé légèrement trop violente et terrifiante, mais en même temps carrément addictive. Je sais sans aucun doute que je me rappellerai ce roman

Bon et sinon, à part la guerre, de quoi ça parle ? (Parce que dit comme ça, je ne vous donne peut-être pas très envie)

 

Malte, 1565 l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui se fait appeler « La Religion », attend (et subit) l'invasion des Turcs.

 

Au centre de ce chaos, nous suivons Matthias Tanhauser, intrépide héros sans allégeance véritable. Allemand d'origine chrétienne, recueilli par les turcs alors qu’il était enfant, il a évolué de janissaire du sultan à trafiquant d'armes et contrebandier, pour au final se faire appeler à la rescousse par les chevaliers catholiques. C'est sans le vouloir réellement qu'il se trouve sur l'ile de Malte, au centre d'un énorme chaos.

 

Même si ce personnage est un peu trop fort, parfois à la limite du cliché, et au centre d’un triangle amoureux dont je n’ai toujours pas compris l’intérêt, il tient le lecteur en haleine tout le long du roman, et on l’adore !

 

Une super lecture !

 

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 51

LE HOBBIT

J.R.R TOLKIEN

264 pages

LE RESUME 

Premier récit publié par J.R.R. Tolkien, en 1937, cette histoire, inventée par l’auteur pour ses propres enfants, rapporte les aventures de Bilbo, un jeune Hobbit, héros malgré lui lancé en quête d’un trésor gardé par un dragon, en compagnie de Nains et du magicien Gandalf.

 

Bien que destiné initialement à la jeunesse, ce texte a également enchanté des générations de lecteurs adultes, par son suspense, ses coups de théâtre, son humour, sa poésie… mais aussi parce qu’il introduit le lecteur dans un monde inventé par Tolkien, la Terre du Milieu, qui sert de décor à la plupart de ses récits (dont Le Seigneur des Anneaux) ; et parce qu’il présente des personnages appelés à connaître une grande postérité, dont les Hobbits, Gandalf et… l’Anneau.

Ce que j'en pense  

Première lecture de Tolkien pour moi, avec cette nouvelle (et trop belle) édition chez Pocket.

 

Evidemment, comme presque tout le monde, j’ai vu les films. Cela dit, l’univers est assez éloigné de mon genre de lecture habituelle, je ne m’étais jamais lancé dans les romans.

Après une légère tentative de lecture du Silmarillion (soldée par un lamentable échec après seulement 50 pages) J’ai suivi les conseils avisés de certains d’entre vous et j’ai commencé ma découverte de l’auteur par ce roman.

2 salles 2 ambiances, vraiment rien à voir. Le ton du roman est très léger, accessible et idéal pour des enfants ou jeunes adolescents.

 

Si je l’ai bien aimé aujourd’hui, je pense que je l’aurais vraiment adoré en le lisant plus jeune. Nous suivons ici les aventures de Bilbo le Hobbit, Gandalf le magicien et des treize nains à la reconquête d’un énorme trésor, précieusement gardé par Smaug le dragon. C’est parti pour une quête magique semée d’embuche et d’aventures, au cours de laquelle Bilbo et ses compagnons devront se confronter à des créatures magiques parfois hostiles (des trolls, géants, gobelins, araignées, loups, elfes sylvains…) Parfois amicales (elfes, aigles …)

Lecture agréable, parfaite pour entrer dans cet univers très riche et avant de ire (peut-être), le seigneur des anneaux. 

 

Ma note: 
Très bien 
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2023 - Livre 50

 

LIV MARIA

Julia Kerninon 

234 pages

LE RESUME 

Liv Maria est la fille d’une insulaire bretonne taiseuse, et d’un norvégien aimant lui raconter les histoires de ses romanciers préférés. Entourée de l’amour de ses parents et de ses oncles elle a vécu sur l’ile natale de sa mère dans un milieu protégé avec une douce quiétude et une certaine liberté jusqu’à « l’événement » qui lui fera quitter le cocon familial. Arrivée à Berlin comme jeune fille au pair, elle va vivre une histoire d’amour forte qui se terminera contre sa volonté. Simultanément un deuil familial l’amènera à voyager, à grandir et à rencontrer un deuxième amour sincère. Mais aura-t-elle le droit ou se donnera-t-elle le droit de le vivre vraiment ?

Ce que j'en pense  

Roman lu en un après-midi,

Liv maria vit une enfance heureuse et solitaire sur une ile bretonne jusqu'à l’année de ses 17 ans lorsqu’un évènement l’emmène à s’en éloigner.  Elle part vivre à Berlin chez des oncles et tantes où elle découvrira l’amour, les langues et le pouvoir des mots.

Le temps passe. Après avoir beaucoup voyagé, être partie, revenue, repartie, avoir souffert, aimé, s’être cherchée, elle rencontre un homme. Le bon, si on peut dire. Un homme stable, équilibré, avec qui elle peut envisager, enfin, de se poser. Elle se marie, fonde une famille.

Et alors que Liv Maria mène désormais une vie plus « classique », ses souvenirs refont surface, son passé, comme un boomerang, lui revient tous les jours en mémoire.  Liv Maria a un secret, des mots qu’elle choisit d’abord de taire, puis qui l’enferment. Quand elle voudrait parler il est trop tard. Un roman qui nous rappelle que même les gens qui nous aiment ne nous connaissent et ne nous comprennent pas toujours. L’inverse est aussi vrai. Chacun sa vie secrète.

Tragédie moderne, roman initiatique et d’apprentissage d’une femme qui se cherche, qui cherche la liberté, à s’émanciper d’un passé, qui pourtant ne disparaitra jamais.

« Je suis mère, je suis menteuse, je suis une fugitive, et je suis libre ». Il est question de la façon d’accepter les différentes identités que l’on endosse dans la vie, d’apprendre à les concilier et de comprendre que nous  sommes la sommes de ces identités.  Comprendre que son destin ne se termine pas en devenant mère, en trouvant l’amour, en voyageant, mais qu’il se construit tous les jours, avec toutes les façons que l'on a d’être soi-même.

Quand je l’ai refermé, ce roman m’a laissé une sensation bizarre dans l’estomac. Une émotion qui ne m’a pas quittée de la soirée sans que je sache trop quoi en penser.

J’ai été très touchée par cette histoire finalement assez « normale ».  Une femme « normale », qui cherche sa place et à concilier tous ses rôles ; vis-à-vis de ses parents, de son époux, de ses enfants, en restant fidèle à elle-même et sans perdre la liberté qu’elle chérit tant.

Comment être cette mère, cette épouse, cette fille, sans jamais perdre la femme. Banal, mais tellement vrai, et écrit avec beaucoup de sincérité, avec des mots qui touchent et qui éclairent.  

Si son mari ne l’a jamais compris, moi j’ai l’impression de la connaitre, et qu’elle me connait aussi.

Je conseille! 

 

Ma note: 
Très bien 
4-5.PNG

 

 

 

2023 - Livre 49

 

VINGT ANS APRES

Alexandre Dumas

864 pages

LE RESUME 

Le lecteur des Trois Mousquetaires retrouvera dans Vingt Ans après ses héros favoris : Athos, Porthos, Aramis, ainsi que le gai, lucide et subtil d'Artagnan. La Fronde et la Révolution d'Angleterre servent de cadre à leurs exploits, qui les mettent aux prises avec Mazarin et avec Cromwell. Roman historique ou roman de cape et d'épée ?

Avec Le Vicomte de Bragelonne, la trilogie des Mousquetaires concilie heureusement les exigences des deux genres. La présente édition, annotée avec soin, souligne la dette de Dumas envers les mémorialistes et les historiens et atteste la solidité de son information. Sur des données authentiques, qu'il redistribue à sa guise, le narrateur brode un récit plein d'incroyables péripéties, dont la structure et les thèmes sont ceux de l'épopée et du conte, mais qu'il assaisonne d'humour.

Venant à la suite des Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, moins simple, moins romanesque aussi, s'en distingue par une peinture plus diversifiée de la société, une psychologie plus nuancée, une morale plus désenchantée. C'est dire la pluralité de lectures possibles, et que chacun y trouvera son plaisir.

Ce que j'en pense  

Vingt ans après, ou la suite des trois mousquetaires d’Alexandre Dumas (livre 45 lu il y a quelques semaines). 

Un régal.

La 4e de couverture nous dit « Le narrateur brode un récit plein d'incroyables péripéties (..) et qu’il assaisonne d'humour. Venant à la suite des Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, moins simple, moins romanesque aussi, s'en distingue par une peinture plus diversifiée de la société, une psychologie plus nuancée, une morale plus désenchantée. ». 

Et c'est totalement vrai!! 

Ce que j’ai aimé ;

* Comme dans les trois mousquetaires, beaucoup d’aventures, de complots, de politiques, de trahison et d’amour, le tout avec beaucoup d’humour et des mises en scènes très théâtrales.

* Mieux que dans les trois mousquetaires, plus de profondeur dans les personnages et dans leurs relations et un contexte historique-politique vraiment très riche et instructif (dans ma version annotée du livre de poche en tout cas). Le roman nous plonge en 1648 en pleine fronde pendant la régence d'Anne d'Autriche et le ministère du cardinal Mazarin, fascinant !

Nos quatre impertinents mousquetaires sont toujours au rendez-vous, toujours plus drôles, toujours plus touchants, toujours plus intrépides. De vrais gentilhommes à la moralité plus ou moins acérée, et on y découvre un D’Artagnan rusé et stratège, en vrai meneur de cette petite troupe.

Et pour citer Pierre, mon camarade de lecture pour ce roman « ce serait du pinaillage que d’aller chercher du négatif ».

Bref, ne soyez pas effrayés par ses presque 1000 pages (j’ai dit presque) ; et laissez-vous tenter.

 

Ma note: 
Excellent!
Pépite du défi 
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2023 - Livre 48

 

LA SAGA DES VIKINGS TOME 1 - Ragnvald et le loup d'or 

Linnéa Hartsuyker

684 pages

LE RESUME 

Norvège, IXe siècle après J.-C. Depuis que son père est mort, Ragnvald n'a qu'une hâte : atteindre la maturité pour pouvoir enfin gouverner les terres qui lui reviennent, placées sous l'égide de son beau-père, le cruel Olaf. Aussi, quand il échappe à une tentative d'assassinat, Ragnvald devine que c'est Olaf qui est à la manœuvre.

Obtenir justice n'est pas chose aisée en pays viking, où des centaines de petits rois se disputent un lambeau de territoire, mais Ragnvald est prêt à mourir pour sauver son honneur. Quant à sa petite sœur, l'impétueuse Svanhild, elle serait capable de prendre les armes pour lui venir en aide. Jusqu'au jour où elle croise le chemin du beau Solvi, l'ennemi juré de son frère... Tandis que Ragnvald choisit de rejoindre les troupes du jeune Harald, guerrier prodige incarné dans le monde des rêves par un loup à la crinière d'or, Svanhild sera confrontée au pire des dilemmes : la famille ou la liberté.


Puisant dans un des textes fondateurs de la littérature subarctique, Linnea Hartsuyker raconte l'histoire d'un personnage historique, Ragnvald de Møre, bras droit du premier roi de Norvège, et éclaire les phénomènes à l'origine de ces royaumes scandinaves formés par la mosaïque de terre au nord des mers d'Écosse. Mais ce sont surtout les destins contrariés d'un frère et d'une sœur épris d'idéal que bâtit le premier tome de cette épopée foisonnante d'héroïsme, d'aventure et de sentiments à vif, à placer entre les mains de tous les amateurs d'Outlander ou de Game of Thrones.

Ce que j'en pense  

Premier tome d'une trilogie qui se déroule en Norvège au 9e siècle, ce roman raconte l’histoire de Ragnvald et sa sœur Svanhild.

Alors qu’un jeune roi tente d’unifier la Norvège, entre politique, manipulation, guerres et trahisons, Ragnvald et Svanhild se retrouvent impliqués et en première ligne des évènements historiques.

Nous suivons plusieurs familles et plusieurs prétendants au trône dans leur quête du pouvoir et de la richesse. Quand il s’agira de choisir son allégeance, Ragnvald et Svanhild se retrouveront dans des camps opposés. Le roman alterne les chapitres entre l’un et l’autre, et j’ai clairement préféré le personnage de Svanhild et les intrigues qui lui sont consacrées. C’est un personnage féminin fort et plein de convictions, sans entrer dans la caricature.

Moi qui suis une fan des romans historiques d’aventures, j’espérais trouver ici tout ce que j’adore. Bon ben disons-le honnêtement, le roman m’a laissée quelque peu insensible.

J’ai eu beaucoup de difficulté à m’attacher à Rangvald, non pas qu’il me paraissait antipathique, mais seulement très (trop) fade. Fade, comme les intrigues, les guerres, les manigances. Il est écrit sur la 4e de couverture « de quoi attirer les amateurs de la série Game of trones », mais franchement je ne vois pas le rapport, rien à voir. Les personnages sont un peu trop simples et finalement assez loin de l’attente que j’avais d’y trouver des barbares assoiffés de sang ! Les guerres et les batailles sont vite expédiés, et même l’aspect politique reste très simple.

La 2e partie du roman est plus rythmée et je l’y ai pris plus de plaisir. J’ai aussi quand même bien aimé me plonger cet univers de viking sur lequel je ne lis jamais et je ne connais pas grand-chose.

Lecture assez mitigée donc, et je ne pense pas que je lirai les autres tomes. Par contre l’univers m’intéresse et je me lancerai peut-être dans une autre saga ou autre roman sur le sujet.

 

Ma note: 
Ennuyeux
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2023 - Livre 47

 

ILS VIVENT LA NUIT 

Denis Lehane

544 pages

LE RESUME 

Boston 1926. En pleine Prohibition, l’alcool coule à flots dans les speakeasies et Joe, le plus jeune fils du commissaire adjoint Thomas Coughlin, est bien décidé à se faire une place au sein de la pègre. Il commence par braquer un bar clandestin appartenant à un caïd local et, surtout, commet l'erreur de séduire sa maîtresse. La vengeance ne se fait pas attendre et Joe se retrouve derrière les barreaux. C'est là qu'un vieux parrain, Maso Pescatore, se charge de son "éducation" et que la carrière de Joe va prendre son essor. De la Floride à Cuba, Joe fait son chemin, pavé d'embûches, de luttes et de trahisons, parmi ceux qui "vivent la nuit". Mais au détour du chemin l'attend aussi une grande histoire d'amour ...
« Ils vivent la nuit, c'est Le Parrain pour ceux qui savent penser. »

Ce que j'en pense  

Cette semaine direction l’Amérique des années 1926 à 1935. En pleine période de prohibition, déroute économique et banditisme, nous sommes plongés dans l’univers mafieux de l’époque. Et quel univers ! Entre Boston, la Floride, la prison, Cuba, c’est une véritable guerre des gangs sur fond de contrebande, corruption et contexte politique tourmenté.

Après avoir eu un énorme coup de cœur pour « Un pays à l’aube », j’étais heureuse de retrouver les personnages et l’univers de ce deuxième roman consacré à la famille Coughlin (les deux romans sont pourtant indépendants et peuvent être lus tout seul). Après avoir suivi Danny, c’est son frère Joe qui est ici le héros de l’histoire.

Comme tous les romans de Denis Lehane que j’ai eu l’occasion de lire, il est très immersif et se lit très bien. Une pointe de déception pourtant pendant la première partie du livre. La comparaison est terrible, quand on aime un auteur, que l’un de ses romans a été marquant. C’est plus fort que moi, je compare et j’en attend tellement que cela en devient décevant.

Et oui, parce que Joe n’est pas Danny, j’ai eu du mal à m’attacher à ce personnage. Je le trouvais assez pale en comparaison de son frère, il lui manquait de l’épaisseur et de la consistance. Il en allait de même pour l’intrigue, qui même si elle se lisait bien, ne m’a pas autant emportée que la précédente.

J’ai fini par me laisser emporter sur la 2e partie du roman. Plus addictive, plus d’actions, très bonne intrigue, plus de fond et surtout un personnage qui prend son envol et que l’on prend plaisir à suivre. Joe, ce faux méchant, pas vraiment gentil non plus. Il a gagné en complexité et je m’y suis vraiment attaché.

En résumé une bonne lecture, mais pas autant apprécié que les autres romans que j’ai lus de l’auteur. Peut-être que je l’aurais perçu différemment si je n’avais pas autant aimé Un pays à l’aube et que j’avais eu des attentes moins importantes.

 

Ma note: 
Très bien!
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2023 - Livre 46

 

LES VERTUEUX

Yasmina Khadra

512 pages

LE RESUME 

J'ai vécu ce que j'avais à vivre et aimé du mieux que j'ai pu. Si je n'ai pas eu de chance ou si je l'ai ratée d'un cheveu, si j'ai fauté quelque part sans faire exprès, si j'ai perdu toutes mes batailles, mes défaites ont du mérite - elles sont la preuve que je me suis battu.Algérie, 1914. Yacine Chéraga n'avait jamais quitté son douar lorsqu'il est envoyé en France se battre contre les "Boches". De retour au pays après la guerre, d'autres aventures incroyables l'attendent. Traqué, malmené par le sort, il n'aura, pour faire face à l'adversité, que la pureté de son amour et son indéfectible humanité.Les Vertueux est un roman majeur, la plus impressionnante des oeuvres de Yasmina Khadra.

Ce que j'en pense  

Dans ce roman nous suivons les (mes)aventures de Yacine entre la France et l’Algérie pendant plusieurs décennies.

Véritable épopée, la vie pleine de Yacine Chéraga est pleine de péripéties, de rencontres – bonnes ou mauvaises - de hauts et de (très) bas. Tour à tour berger, caporal, marchand, exilé recherché, prisonnier. Nous le suivons dans toutes les aventures de sa vie qu’il serait trop long de résumer ici. Yacine a eu mille et une vie.

Yacine est un personnage très doux, plein d’idéaux et de principes, qui malgré les épreuves et la violence de la vie restera toujours fidèle à lui-même et ne se laissera jamais entrainer, ne renoncera ni à ses combats, ni à son espoir ni à son humanité. Un personnage très lumineux dans une histoire très sombre.

Parce qu’il faut le dire, Yacine a été sacrément malmené.  Un peu trop à mon goût.

Il faut le lire pour comprendre, mais l’auteur s’est vraiment acharné contre lui, ce pauvre Yacine. Il lui est arrivé tous les malheurs du monde et , à chaque fois que, soulagée, je l’ai pensé en sécurité, et bien non.

Malgré ce personnage très pur et lumineux, malgré la très belle écriture pleine de délicatesse et de poésie, malgré les jolis messages véhiculés dans ce roman, je l’ai trouvé très sombre. Un peu trop déprimant à mon goût, pas très raccord avec mon humeur du moment.

C’était mon premier roman de l’auteur et je pense continuer à le découvrir, j’ai beaucoup aimé son écriture pleine de sensibilité.  

 

Ma note: 
Beau, mais trop sombre!
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2023 - Livre 37

 

Peindre, pécher et laisser mourir

Peter Heller

379 pages

LE RESUME 

Peintre en vogue, pêcheur ardent, philosophe artisanal, Jim Stegner tombe dans un engrenage fatal le jour où, témoin accidentel, il prend la défense d’une petite jument maltraitée. C’est qu’il est un poil sanguin, ce père orphelin, en quête d’une sérénité à jamais perdue avec sa fille violemment arrachée à la vie, son mariage pulvérisé, son rapport au monde passablement conflictuel. Pour ne rien arranger, l’homme est profondément allergique à l’injustice, et dangereusement réactif à la violence.
Pourtant, au large de la petite ville de Paonia, Colorado, concentré sur une discipline et une sobriété appliquées, c’est dans l’exercice de son art que le peintre tente de tout canaliser : la douleur, la colère, la peur même. Et voilà que, du jour au lendemain, son quotidien vire à la course poursuite permanente : Jim devient la proie mouvante – et la terreur numéro un – d’une bande de solides ordures qui ne plaisantent pas avec la vengeance.
Mélange explosif de virilité tendue et de lyrisme écolo, d’humour noir et de métaphysique maison, d’action haletante et de poésie contemplative, Peindre, pêcher et laisser mourir raconte avec maestria les dérapages incontrôlables de la vie, le pied sur l’accélérateur et l’oeil sur la beauté des paysages.

Ce que j'en pense  

"Un mélange explosif de virilité tendue et de lyrisme écolo, d’humour noir et de métaphysique maison, d’action haletante et de poésie contemplative, Peindre, pêcher et laisser mourir raconte avec maestria les dérapages incontrôlables de la vie, le pied sur l’accélérateur et l’oeil sur la beauté des paysages."

Voilà une 4e de couverture qui résume tout à fait son roman. 
Un roman qui allie à la perfection le genre du thriller, du roman noir et celui du nature writing dans les grands espaces américain. 

Le "héros" (qui n'a rien d'un héros), s'appelle Jim. C'est un peintre professionnel, un pécheur amateur, et parfois même un criminel. Bagarreur - du genre qui agit d'abord et qui réfléchit après - Jim est aussi un homme impulsif, irréfléchi et nerveux. Dans le roman, ses ennuis commencent lorsqu'il prend la défense d'une jument maltraitée.
Chaque décision qui s'en suit entraine une suite de catastrophe, qui elles-mêmes en entrainent d'autres. 

Pourtant, malgré ses défauts, je l'ai vraiment aimé ce personnage plein de fêlures, de désespoir et de névroses. Sa personnalité est bien plus complexe et nuancée qu'il ne laisse paraitre. 
J'ai aimé suivre ce personnage charismatique en pleine tourmente, le voir se débattre avec lui même, le voir dans sa frénésie créatrice et se ressourcer dans la nature lors de longues heures de pêche. 

J'ai aimé le rythme lent - contemplatif - du récit, l'immersion dans les grands paysages et la structure du roman que je trouve assez originale. 

Bref, une très bonne lecture, une déclaration d'amour à l'art, à la nature, et une belle démonstration de résilience, avec de l'humour noir et un anti-héros finalement très héroïque. 

Bref, je conseille 
 
Vous l'avez-lu? Vous voulez le lire? Donnez-moi votre avis! 
J'ajouterai le commentaire. 
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Ma note: 
Très bien!
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2023 - Livre 42

 

Suis-je hypersensible? 

Fabrice Midal 

286 pages

LE RESUME 

Vous vous sentez différent des autres. Vous êtes bousculé par trop d'émotions, trop de pensées, trop de sensations. Vous vous en voulez de ne pas être calme, raisonnable, zen. En réalité, vous avez un don. Apprenez à l'exploiter.
Je suis hypersensible et, pour comprendre ce qui m'arrive, j'ai mené une enquête. J'ai rencontré des spécialistes de différentes disciplines, des scientifiques, des neurologues, des physiciens, des anthropologues, des psychologues, des philosophes et des historiens. Je vous livre ici les éléments de mon voyage au coeur d'un pouvoir méconnu et les moyens à mettre en oeuvre pour le déployer.

Ce que j'en pense  

Première fois que je lis un livre qui ne soit ni fiction ni poésie. 

Première fois que j'écris sur un ligne, que j'en surligne des passages, que je colle des post-its. 

Bref, le livre des premières fois. 

Je n'ai pas du tout l'habitude de ce genre de lecture et je ne l'aurai surement jamais acheté de moi-même. 

C'est mon amoureux qui - sans doute démuni face à cette hypersensibilité dont il n'a pas les clefs - est un jour revenu avec. 

Réfractaire comme je suis (et très occupée avec mes romans), j'ai laissé le livre trainer dans ma table de chevet pendant quasiment un an. 

Quand j'ai décidé de l'en sortir, 48h et 4515658 post-its plus tard, il était terminé. 

A la question "Suis-je hypersensible?", la réponse ne faisait aucun doute. 

Il m'est difficile de m'exprimer avec mes propres mots sur cette question. C'est un sujet finalement très personnel. 

L'auteur, lui, en parle vraiment très bien. J'ai surligné 70% du livre et collé tout mon stock de post-it.

J'ai souri à presque chacune des pages, soulagée d'entendre les mots d'un autre pour exprimer ce que je vis au quotidien. 

Il y a même des anecdotes sur des scènes de la vie quotidienne que l'on dirait tout droit sorti de ma vie. C'était vraiment inattendu, déculpabilisant et assez rassurant au final. 

Je voulais vous montrer des extraits du livre que je trouve intéressant sauf que j'ai surligné la quasi totalité du livre donc bon.. 

Il y a plusieurs chapitres que je pourrai quand même citer: 

"Trop - bruits, odeurs, émotions, empathie, pensées, les mille manières d'être trop. 

Je rêvais d'être calme, j'étais dans l'excès, dans le trop: trop de sensations, trop d'émotions, trop d'idées qui fusaient dans le désordre, trop de pensées qui allaient dans tous les sens et ne me laissaient jamais en paix. Je ne savais pas quoi faire avec l'intensité qui me traversait. (...) rien n'était objectif dans ma vie, je ne connaissais pas la tiédeur. Je passais brusquement du rire aux larmes, de l'enthousiasme au découragement." 

"lls reçoivent quantité d'informations provenant de différentes sources, que la majorité ne perçoit pas  (..). Ils ressentent plus fort les bruits, les odeurs, le froid, la chaleur et jusqu'au moindres dysfonctionnements de leur organisme. (...) 

L'hypersensible est simplement submergé par le flux d'informations qui est trop intense, par tous les signes qu'il capte et que les autres, contrairement à lui, savent tirer et laisser de côté. Il est fatigué de ce trop. Il a besoin de réduire le champ de son expérience au monde, de sa sensibilité et de ses émotions pour se ressourcer. "

 

"Comme tous les hypersensibles, j'ai besoin de silence pour me ressourcer. J'ai l'impression d'être agressé par le brouhaha, par les bruits de fond, par les sons inutiles, par les bavardages. Je n'aime pas les grandes tablées, je leur préfère les repas plus intimes."

"Mais que se passe t-il donc dans la tête des hypersensibles? Là ou d'autres sont capables de se concentrer sur une seule idée et de la creuser, ils en sont déjà à la dixième qui contredit souvent la première sinon la fait oublier, réveille de nouvelles pensées, d'autres envies - ou d'autres ruminations. Ce chaos est souvent épuisant , on aimerait faire silence, mais chaque mot, chaque geste, chaque réaction, chaque choix, chaque interrogation sont une nouvelle possibilité, un nouvel abime, une nouvelle occasion de penser davantage, sans aucune restriction." 

"L'hypersensible ne peut pas, par le simple acte de volonté, "faire le vide": d'autres informations, d'autres idées surgissent en permanence., bousculent, remettent en question les solutions qui avaient été envisagées. A force d'essayer de se calmer, il tourne de plus en plus frénétiquement en rond." 

"L'hypersensible ne peut pas jouer le jeu très longtemps. Pour lui, très vite, c'est trop. Il rate une promenade pour rester lire dans sa chambre. Il va dormir plus tôt, il s'isole. Il donne l'impression de ne pas participer, d'éviter les autres". 

"Je ne me suis jamais senti au bon endroit. J'ai mes lieux à moi qui ennuient les autres. Les grandes fêtes ne m'amusent pas. Je me souviens d'un repas de mariage auquel j'étais invité. J'avais hésité, puis je m'étais laissé emporté par mes sentiments: les mariés étaient des amis et je ne voulais pas les décevoir. 

J'ai su, aussitôt installé auprès de huit personnes, que ce moment serait difficile pour moi". 

 

 

 

 

2023 - Livre 43

 

Peine des faunes

Annie Lulu

320 pages

LE RESUME 

Peine des Faunes nous plonge dans la vie quotidienne d'une famille tanzanienne en 1986. Rébecca élève huit enfants. Sa fille aînée, Maggie, rêve d'étudier à l'université. Mais Rébecca entre en lutte contre une compagnie pétrolière sur le point d'exproprier les habitants de son village natal. Son départ précipité fait brutalement basculer le destin de Maggie et pose la première pierre d'une tragédie familiale s'étirant sur cinq générations.
De la Tanzanie des années quatre-vingt à l'Écosse contemporaine, Peine des Faunes est une ode poétique à la fragilité de la condition humaine et un urgent plaidoyer pour le vivant. Tissant ensemble les thématiques féministe et environnementale, Annie Lulu brosse une galerie de portraits de femmes inoubliables, dont le combat pour la liberté et la justice finira par être récompensé.

Ce que j'en pense  

J’ai été tellement déroutée par ce roman qu’au moment d’écrire mon avis, je cherche mes mots.

Très surprenant, extrême, mystique et plein de « valeurs matriarcale sectaires et névrotiques. »

Bref, un roman qui ne laisse pas insensible. On adore ou on déteste, mais impossible de rester indifférent.

 

 Nous suivons ici sur plusieurs générations de femmes d’une même famille, de la Tanzanie, à la France en passant l’Angleterre. Et quelles femmes !

Ce que je pensais être un roman écologiste quand je l’ai commencé s’est révélé être aussi un roman très féministe.

Entre la soumission à l’homme de certaines et la haine farouche qu’ils inspirent à d’autres, les personnages sont féministes à l’excès. Souvent extrême.

Mariage forcé, viols, tortures, humiliation et pire encore. J’ai trouvé le roman très violent.  Violent dans les faits, violent dans les mots, violent dans l’écriture passionnée, puissante et cynique.

 

Parfois très poétique parfois très cru, l’écriture ne manque pas de style et d’identité.

S’il peut arriver de lire des romans très formatés, avec des personnages attendus et des intrigues déjà vues, clairement ce livre n’en fait pas partie.

Il est atypique, avec une fin totalement WTF, vous m’excuserez le terme.

 

Sur le côté écologiste, je ne saurais même pas par ou commencer, et je vais d’ailleurs m’abstenir de tout commentaire. Ceux dont la curiosité a été aiguisée n’auront plus qu’à aller le lire.

 

Ma note: 
Déroutant
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2023 - Livre 44

 

Nous les allemands 

Alexander Starritt 

230 pages

LE RESUME 

Je n’ai pas été un nazi. Ce que je veux te raconter ne concerne ni des atrocités, ni un génocide. Je n’ai pas vu les camps de la mort et je ne suis pas qualifié pour en dire un seul mot. J’ai lu le livre de Primo Levi sur ce sujet, comme tout le monde. Sauf qu’en le lisant, nous, les Allemands, nous sommes obligés de penser : Nous avons commis cela.
Longtemps, les questions posées par Callum à son grand-père allemand sur la guerre sont restées sans réponse. Et puis, un jour, Meissner s’est décidé à raconter.
Sa vie de soldat sur le front de l’Est, les débuts triomphants, l’esprit
de corps, l’ivresse des batailles, et puis le froid, la faim, la misère. Et surtout l’année 1944 quand lui et ses camarades ont compris que la guerre était perdue ; que tout ce en quoi ils avaient cru, tout ce qui les faisait tenir, l’appartenance à une nation, l’espoir d’une guerre rapide, les rêves de retour, tout était en train de s’écrouler ; que dans la déroute, les hommes ne sont plus des hommes ; que le désespoir vous fait accomplir le pire et que rien, jamais, ne permettra d’expier la faute de tout un peuple.

Ce que j'en pense  

Ce roman est le récit d’un grand-père à son petit-fils de ses souvenirs de l’année 1944, alors qu’il était soldat dans l’armée allemande, sur le front est, entre l’Allemagne et la Russie.

Lorsque Callum lui a demandé, maladroitement, avec des questions indirectes et faussement naïves ce qu’il lui était arrivé pendant la guerre, Opa n’a pas su répondre.  Agacé et en colère après ces questions, et parce que les souvenirs, aussi douloureux soient-ils, finissent pas s’évanouir, Opa est resté sans voix.

Une fois mis en branle par les questions de Callum, voilà que lentement et poussivement d’abord, la mémoire a commencé à lui revenir.

 

Beaucoup de choses dans ce très court roman de 230 pages, qui m’a beaucoup fait penser à L’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque.

 

Il est question de la guerre sur le front de l’est, évidemment. De sa dureté, de ses horreurs, de la faim et la folie qui guette les hommes. Au fil du récit, nous voyons  Opa et ses « camarades » sombrer vers cette folie. Etranger et extérieur à eux-mêmes, déconnectés du monde qui les entoure, en errance totale.

 

Il est aussi question de la culpabilité, culpabilité individuelle ou collective.

Opa n’a jamais vu les camps de la mort et n’est pas qualifié pour en dire un seul mot. Il n’a pas voulu cette guerre, n’a pas voulu s’engager, n’a pas voulu ses horreurs.  Il nous dit pourtant que « nous les allemands, nous sommes obligés de penser : nous avons commis cela ».

 

A la question de savoir ce qui est bien ou mal, la réponse est pleine de nuances - Accepter que rien n’est blanc ou noir et se demander si les méchants de l’Histoire, individuellement, l’étaient réellement ? Qu’aurions-nous fait à leurs places ?

 

« J’ai retourné cette question dans ma tête pendant l’essentiel de ma vie (..) aurions-nous seulement pu agir autrement sans être d’autres personnes ? Ne faut-il pas juger un crime selon son degré de déviance par rapport aux normes de l’époque ? Et peut-on vraiment mal agir sans en avoir l’intention ?  (..) Il m’est arrivé de me dire, pendant des années d’affilée, j’étais jeune c’est tout. Je faisais mon devoir. (..) ce n’est pourtant pas d’une quelconque frasque de jeunesse nous sommes en train de parler. Finalement, au terme de ma vie, je constate que le raisonnement en termes de bien et de mal a été impuissant à fournir une réponse ».

 

« La culpabilité me taraudait, réaction réflexe devant l’horreur humaine. Aujourd’hui j’estime que j’avais tort de chercher des raisons. Quelles raisons y avait-il à quoi que ce soit dans cette guerre ? Dans toute réponse, la logique du détail ne faisait que camoufler la folie de l’ensemble. Aucune analyse d’historien, à mon avis, ne saurait expliquer ce que nous faisions là, dans cette forêt polonaise. Le traité de Versailles, le totalitarisme, tels sont les mécanismes. Mais qu’est ce qui, au départ, nous a fait commettre ce que nous avons commis, voilà ce qu’il s n’expliquent pas. (..) je pense qu’il s’agissait en partie d’obéissance, que nous avons consenti à nous laisser mener par l’abime.  Et je pense qu’il y avait aussi à l’œuvre une violence, quelque chose de dément »

J'ai trouvé le roman intéressant dans ces réflexions et les questions qu'il nous pose. C'est très fin et réaliste. 

J'aurais aimé peut-être un peu plus d'émotions. Opa nous raconte des faits avec finalement peu d'affect (c'est mon sentiment).

Il faut dire aussi que des décennies sont passées par là et que le côté émotif aurait peut-être empêché l'analyse (et pas dit que je l'aurais supporté non plus). 

Ma note: 
Bien
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2023 - Livre 45

 

LES 3 MOUSQUETAIRES

Alexandre Dumas

888 pages

LE RESUME 

Aux trois gentilshommes mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, toujours prêts à en découdre avec les gardes du Cardinal de Richelieu, s'associe le jeune gascon d'Artagnan fraîchement débarqué de sa province avec pour ambition de servir le roi Louis XIII. Engagé dans le corps des mousquetaires, d'Artagnan s'éprend de l'angélique Constance Bonacieux.
En lutte contre la duplicité et l'intrigue politique, les quatre compagnons trouveront en face d'eux une jeune anglaise démoniaque et très belle, Milady, la redoutable espionne du Cardinal. D'Artagnan seul échappe à ses agents. Mais rapportera-t-il à temps à la Reine de France, Anne d'Autriche, les ferrets qu'elle a remis à son amant, le duc de Buckingham ?

Ce que j'en pense  

Je gardais un souvenir très idéalisé de ce roman lu ce roman pour la première fois lorsque j’étais ado (c'est-à-dire.. il y a longtemps.. )  C’est lui qui m’a emmenée vers tout ce que j’adore aujourd’hui et qui reste mon genre de prédilection, les romans historiques d’aventure. Il m’a beaucoup orientée vers ce qui allait être mes futures lectures « d’adulte ».  

 

Alexandre Dumas est l’un de mes auteurs préférés (Le comte de Monte Christo) dont les romans ont été largement lus et commentés. Tout a surement déjà été dit et je ne me sens ni légitime ni pertinente à commenter cette lecture.  Je vous partagerai seulement quelques impressions en vous invitant à vite aller le lire, si ce n’est pas déjà fait.

 

En commençant la lecture, je partais donc avec de hautes attentes, curieuse de voir ce que j’en penserai 20 ans plus tard. J’ai finalement été très surprise. Je me rends compte que j’avais oublié beaucoup de choses, ou que je ne les avais pas perçues à l’époque.

Déjà, j’ai trouvé le roman très facile à lire, fluide, et vraiment drôle. Je ne me rappelais pas de ce ton d’humour qui tient en partie à la personnalité de nos quatre impertinents héros. Athos, Porthos, Aramais et D’Artagnan. Différents mais fraternels, ils sont insouciants, irrévérencieux, insolents et tellement imparfaits.

Certes, ils n’ont pas tous la même profondeur - et j’avoue avoir eu un faible pour Athos, le plus travaillé et le plus complexe de ces mousquetaires – mais ils n’en restent pas moins de formidables personnages que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre.

Entre amour, politique et machinations, nos héros sont pris dans des péripéties tour à tour comiques et dramatiques. Ils sont confrontés aux deux « méchants » de l’histoire, le cardinal d’abord, mais surtout Milady.

 

Milady, quel personnage féminin redoutable et haut en couleur. Nous remarquions dans notre groupe de lecture commune la modernité du roman dans le sens ou A. Dumas donne à un personnage féminin autant de force et d’importance. A elle seule, Milady réussit à mettre en déroute nos quatre mousquetaires et bien plus encore.

 

Je terminerai juste par conseiller la version du livre de poche, l’édition de Simone Bertière. Nous avions beaucoup de versions différentes du roman dans le groupe et au vu des échanges je pense que la mienne était mieux. Il y a énormément d’explications, une introduction, une notice historique, une orientation bibliographique, un répertoire des personnages et surtout beaucoup de note de bas de pages qui expliquent soit la définition des mots en vieux français, soit des éléments de contextes pour mieux comprendre.